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Tome I.
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L I V R E I. CHAP. XIII, is > 7

rience, la force & la bonne constitution des combattans, on puistè ai-sément íè former une juste idée du combat. II faut dire la même cho-se de Junius & d’Amilcar. C’étoient tous les jours de part & d’autredes pièges, des surprises, des approches, des attaques. Mais un Hi-storien qui voudroit expliquer pourquoi Sc comment tout cela se faisoit,entreroit dans un détail qui seroit fort à charge au Lecteur, Sc ne luiferoit d’aucune utilité : qu’on lui donne une idée générale de tout ce quise fit alors, Sc du succès de cette guerre, en voilà autant qu’il en fautpour juger de l’habileté des Généraux. En deux mots, on mit des deuxcotez tout en usage, stratagèmes qu’on avoit appris par l’Histoire, ru-ses de guerre que l’occasion Sc les circonstances présentes suggéraient,hardiesse, impétuosité, rien ne fut oublié. Mais il ne se fit rien de dé-cisif, Sc cela pour bien des raisons. Les forces de part Sc d’autre é-toient égales j les camps bien fortifiez Sc inaccessibles ; l’intervalle qui lesfëparoit, fort petit: d’où il arriva qu’il se donnoit bien tous les joursdes combats particuliers, mais jamais un général : toutes les fois qu’onen venoit aux mains, on perdoit du monde; mais dès que l’on sentoitl’ennemi supérieur, on se jettoit dans les retranchemens pour se met-tre à couvert, & ensuite on retournoit à la charge. Enfin la fortune,

■qui présidoit à cette espèce de lute, transporta nos Athlètes dans uneautre arène: & pour les engager dans un combat plus périlleux, les res-serra dans un lieu plus étroit.

Malgré la garde que faisoient les Romains fur le sommet, Sc au pied siègedu mont Eryce, Amilcar trouva moien d’entrer dans la ville qui étoit :r J^ eentre les deux camps. 11 est étonnant avec quelle résolution & quelle mikar,constance les Romains qui étoient au-dessus soutinrent ce siège , & àcombien de dangers ils furent exposez. Mais on n’a pas moins de pei-ne à concevoir comment les Carthaginois purent se défendre, attaquezcomme ils étoient par dessus & par dessous, & ne pouvant recevoir de«onvois que par un seul endroit de mer dont ils pouvoient disposer.Toutes ces difficultez jointes à la disette de toutes choses , n’empêché-r ®nt pas qu’on n’empioiât au siège de part Sc d’autre tout l’art & toute laligueur dont on étoit capable qu’on ne fit toute sorte d’attaques & decombats. E nfin ce siège finit,non par l’épuisemeht des deux partis,cau-se par les peines qu’ils y souffroient, comme l’assiire Fabius; car ils sou-tinrent ces peines avec une constance si grande, qu’il ne paraissent pasqu’ils les sentissent: mais après deux ans de siège, on mit fin d’uneau-tre maniéré à cette guerre, & avant qu’un des deux peuples l’empor-tat sor l’autre. C’est tout ce qui se passa à Eryce, & ce que firent lesArmées de terre.

A considérer Rome Sc Carthage ainsi acharnées l’une contre l’autre, Nouve: *croiroit-on pas voir deux de ces braves Sc vaillans oiseaux, qui af-^àjoiblis par un long combat, &c ne pouvant plus faire usage de leurs aï-* Cs > se soutiennent par leur seul courage, & ne cessent de se battre,

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