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Tome I.
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livre i; chap. XIII. roz

» Âu reste, comme k charge de Triérarque engageoit I une grande dépense, il étoitiì permis à ceux qui étoient nommez d’indiquer quelqu’un qui fût plus riche qu’eux,m & de demander qu’on le mît à leur place , pourvu qu'ils fussent prêts à changer de„ biens avec lui, & à faire la fonction de Triérarques après cet échange. Cette loi„ étoit de Solon, & s’appelloit 1a loi des échanges. Tourreil appuie tout ceci de pas-sages Grecs qu’il enchâsse par tout dans les pages.

§. III.

Les Athéniens , malgré leurs forces de mer > tombent en la puijfance de Lacédé-mone. Cause de cette révolution.

C Ette Loi fameuse, & que je regarde comme inspirée, à quelque défaut près quej’y remarque, & que nous avons corrigé pour l'accommoder au tems où nous vi-dons, dans un projet réglé pour le rétablissement de notre marine; cette loi, dis-je, fitpon feulement le salut d’Athènes, & la mit en état de résister contre la puissance de Phi-lippe , mais la rendit encore redoutable à tous ses voisins, jusqu’à oser entreprendre surta Sicile ; & si cette entreprise échoua, ce fut bien moins par la faute de ceux qui íu-rent chargez de la conduite de cette guerre, que par le défaut de ceux qui les emploié-rent, dit Thucydide, pour n’avoir pas prévit ce qu’il falloit faire lorsqu’on seroit ar-rivé. Toute l’armée y périt, & cette flotte formidable fut anéantie; Athènes ne futpourtant pas abattue d'une infortune si effroiable , elle subsista encore longtems » ellereleva fa marine par le moien de cette loi admirable ; mais une bataille navale donna ledernier coup à cette puissance, & la perte de ses vaisseaux fut celle de fa liberté. Quipeut douter que ces sages Républicains ne fe fussent relevez d’une perte si accablante,s ûs eussent eu le tems de la réparer ? Mais il en faut un très-grand pour k constructiond une nouvelle flotte, c’est une entreprise toute des plus grandes. Les victorieux, plussages & moins endormis qu’Annibal après la*bataille de Cannes, profitant au plus vitede leur victoire, cinglèrent droit à Athènes : les Athéniens fans un íèul vaiíïèau, bridezpar mer & par terre, dépourvus de tout, & dans l’état du monde le plus déplorable &ta plus humiliant, après tant de victoires remportées fur leurs ennemis , fe virent toutd’un coup soumis à 1a puissance de Lacédémone par k ruine de leur flotte. Ce qu’il ya de bien extraordinaire, c’est qu’il n’y eut point de combat, l’Amiral Athénien s’é-ta nt laissé surprendre dans le port à deux pas de l’ennemi : faute d’autant moins pardon-nable dans un Général, qu’il avoit été averti de se tenir sur ses gardes par Alcibiade, quict °it alors exilé, & dont l’avis fut rejetté de tout le monde : comme si les malheureux& tas disgraciez perdoient le sens & l’esprit avec leur fortune. Qui auroit jamais cruflu Athènes fe fût relevée par 1a fuite ? Cependant cela arriva par 1a ruine de ses Tyrans,& l’on vit avec étonnement k folie d’Alcibiade triompher de k prétendue sagesse de sesEnnemis, fans que les Athéniens en devinssent plus sages & moins ingrats envers ce grandhomme. Toutes les Républiques font marquées à ce coin de flétrissure, & tous lesEtats grands & petits. Se pourra-t-on bien persuader que tous les malheurs, si on veutprendre dans leur origine-, ne viennent que de l’envie & de la jalousie qui s’elevetou-l°Hrs contre les hommes vertueux, les plus irréprochables, & les plus capables de gou-verner un Etat par leur esprit & par leur sagesse, & de les sauver par leur fermeté &parEttr courage.

Quelque envie qu’on ai, d’épargner un homme d'autant de mente que Thucyàde.■ ne peut e'empêcher de dire qu’il a oublié de nous apprendre la cause prmapale de 1»le 1‘armée navale d’Athe'nes, & de celle de terre, dans 1 entrepris de Syracuie.

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