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Tome I.
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XXI
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PREFACE, xxj

sur la ruine des peuples & des troupes , dont on doit se plaindre, &revenir le plus promptement qu’il est possible aux anciens usages ; ceíònt ceux-là qu’on doit conserver bien loin de les anéantir. Tout ce queje propose tend uniquement au bien de l’Etat & de la Milice. II ne s’a-git pas ici d’antiquité, ni de nouveauté, mais d’éxaminer st nos fenti-mens íònt vrais & susceptibles de démonstration, & si ceux qui en sui-vent de tout contraires íònt dans l’erreur ou dans leur bon sens. Si lescoutumes reçues font pernicieuses, dit un Auteur, il ne faut pas se ré-crier lorfqu’on le fait voir ; & si les opinions nouvelles íònt droites &justes, faut-il s’opiniâtrer à conserver les premières pour rejettes les au-tres, qui íònt une source de salut?

On n’allégue pas seulement l’argument de la nouveauté & de la sin-gularité ; mais on nous demande encore, si nous en savons plus, si nousavons plus d’esprit & de discernement que tant de grands Hommes,que tant d’habiles Ecrivains, Rois, Princes, Généraux d’armées , &tant d’autres qui ont traité de la science des armes, parmi lesquels lesAnciens se sont distinguez ; qu’on ne remarque rien dans ceux-ci de mesprincipes & de ma méthode, ni presque rien à cet égard de ce que j’aitraité dans mon Livre des Nouvelles 'Découvertes y peut-être moinsencore dans ce grand Ouvrage. Cependant, diíent-ils , on doit re-garder ces Auteurs tant anciens que modernes comme des gens qu’ilraut croire, du moins ceux qui ont écrit depuis vingt-cinq à trente ansjusqu’à celui où nous vivons, & ces gens-là íònt en très-grand nombre.J’en appelle à la raison, qui est le juge commun entre ces grands Hom-mes & tous les autres hommes. Us íavoient beaucoup en ce tems-là,mais ils ignoraient ce que nous savons en celui-ci. En tout cas nous imi-tons les grands Capitaines , contre lesquels le nombre n’est d’aucuneconsidération. La vérité perdrait bientôt fa cause, si elle étoit décidéeà la pluralité des voix.

D’ailleurs ce qui nous reste des Auteurs dogmatiques de l’antíquité,se réduit presque à quatre Abréviateurs, mais habiles & judicieux. Al’égard des autres, qui formeraient une juste Bibliothèque, outre qu’ilsne sont pas moins Abréviateurs, les preuves de leur peu de capaci-té so tirent manifestement de leurs Livres y les meilleurs, car ils nefont pas tous mauvais, ont presque tout tiré de Végéce. D’ailleurs,qui en a lû un peut se vanter de les avoir tous lus; en un mot ceíònt des gens dont les derniers ne font que copier, les premiers, austile & à la bigarrure près. Le meilleur de tous, & dont je fais untrès-grand cas, je l’admire même quoique très-abrégé, est fans dou-te Montécuculi, qu’il ferait à souhaiter que l’on lût & que l’on mé-ditât plus qu’on ne fait.

Lorsqu’il s’agit de rejetter certains sentimens, il faut auparavantmettre à l’eíprit, que le discernement du vrai & du faux étant

se

chose fort difficile, on doit aller

la bride unc ìij

peu haute avantque