xx PREFACE.
valerie St dans l’infanterie, Sc s’en trouva bien. Voilà l’époque des pe-tits escadrons chez les Modernes, mais non pas celle des pelotons queGustave inférois parmi íà cavalerie ; elle se trouve à la bataille de Paviesous le régne de François I.
A l’égard de l’infanterie , elle étoit très-mal rangée. J’y remarqueune infinité de changemens Se d’ordres tous bizarres 8c tous mauvais ;lorsqu’on s’avisa un peu tard, c’est-à-dire fous le même Gustave desuivre la méthode Romaine sur deux lignes Sc une réserve , les batail-lons en quinconce ; le Prince Maurice l’avoit pratiquée avant ce grandCapitaine, mais avec moins de perfection. On remarquera pourtantque ces deux grands hommes combattirent toujours íur dix & fur dou-ze de hauteur à leur infanterie ; St bien qu’ils euísent deux tiers deMousquetaires dans chaque corps, bien loin de s’amuser à tirailler fans«'aborder selon la ridicule méthode d’aujourd’hui, ils en venoient toutaussi-tôt aux mains fans autre cérémonie, & nous faisons tout le con-traire dans la maniéré de nous ranger comme dans celle de combattre.Ce qu’il y a de plus fâcheux dans une méthode si timide, c’est qu’unedisposition quelque bonne qu’elle puisse être, est tout comme rien, puií-qu’aucun des partis n’en vient aux prises; si les Henris, si les Gustaves,fi les Turennes, si les Condez & les Luxembourgs levoient la tête horsde leurs tombeaux, ne se moqueroient-ils pas de nous?
Une méthode si bizarre dans la maniéré de ranger Sc de faire com-battre nos bataillons, est tout ce qu’on peut imaginer de plus mauvais& de plus meurtrier : & l’on trouve étrange que je n’y applaudisse pas.11 faut donc se conduire en toutes choses non par la voie de l’éxamen,mais par celle de la coutume & de l’autorité. Si cet éxamen nous estinterdit, où en sommes-nous ? Sur cela j’ai à citer un paílage de Mon-tagne : Qui voudra se défaire , dit-il, de ce violent préjugé de la cou-tume , u trouvera plusieurs choses reçues , qui rìont d'autre appuique la barbe chenue & les rides de l'usage qui les accompagne : maisce masque arraché , rapportant les choses à la raison , il sentira sonjugement tout bouleversés & remis pourtant à plus fur état.
Si je propose des loix & une méthode de combattre toute nouvelle,je ne les tire pas toutes de ma tête ; elles ont été en vigueur autrefoiselles ne sont donc pas nouvelles,ce n’est donc qu’un retour aux ancien-nes, à quelque chose près.
Je ne cherche point à ruiner nos institutions les plus admirables, sesplus belles, les plus sages & les plus utiles à l’Etat, aux peuples Sc auxtroupes. Par éxemple, on ne me verra pas proposer la suppression desEtapes, quiétoient une invention Romaine, Sc des Hôpitaux, commeon a fait, malgré les oppositions des gens sages. Franchement ce n’estpoint discerner ce qui vaut la peine d’être réformé d’avec ce qui n’estest pas digne. Les Princes les plus éclairez sont souvent surpris fauted’attention. C’est de ces sortes de changemens dangereux qui portent