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Tome I.
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xxx VIE DE P O L Y B E.

publique, avant que de se déterminer, crut qu’il étoit bon d’attendre le retour de sonAmbassadeur.

Idem Dans cet intervalle, Lycortas & Polybe furent chargez par la République d’aller,enp- 12 *4- q Ua lité d’Ambassadeurs , remercier Ptolémée Roi d’Egypte des dix galères à cinquanterangs, dont il lui avoir fait présent, dans la vue d’entrer dans son alliance, Le choix nepouvoit guéres tomber que fur eux deux, qui étoient très-connus du Prince; Lycor-tas , parce que personne n’avoit été plus porté que lui à renouvelles l'alliance avec Pto-lémée, & qu’elle s’étoit renouvellée fous son Généralat ; Polybe, parce que, quoiqu’ilfût alors trop jeune pour cette fonction, il avoir dé)a été, quelques années auparavant,chercher en Egypte les armes Sc l’argent que Ptolémée avoir ossert aux Achéens.

Idem p. A leur retour, Hyperbate alors Général fit lecture, dans le Conseil, des lettres queI2I ^ > le Sénat avoir écrites pour le rétablissement des exilez. Ce Général & Callicrates étoientdu sentiment que l'on se soumît aveuglément aux ordres des Romains, & fans aucun é-gard pour les loix qui sembloient ne le pas permettre. Cette bassesse révolta Lycortas.Zélé Républiquain, il s’éleva avec force contre une fournils!on si peu digne d’un gou-vernement libre : mais connoissant le caractère de ceux qui tâchoient de l’infpirer, iltourna son opposition de maniéré, qu’on ne pouvoit lui en faire une affaire auprès desRomains. Tl insinua adroitement, que quand les Romains portoient compassion aux mi-sérables , & qu’ils leur accordoient leurs demandes, ils ne faisoient que ce que l’on de-voir attendre de leur justice & de leur équité, fur tout lorsqu’on ne leur demandoit rienque de raisonnable : mais que lorsqu’on leur montroit que ce que l’on avoir obtenud’eux, ou ne pouvoit absolument se faire, ou devoir avoir des suites fâcheuses pourleurs Alliez, ils étoient trop justes pour vouloir qu’on obéît, malgré qu’on en eût, auxordres qu’ils avoient donnez : qu’ainsi dans cette occasion, quand on leur auroit fait la-voir que les Achéens ne pou voient se rendre à leurs lettres, fans violer sermens, loix,traitez, en un mot tout ce qu’ils avoient de plus sacré & de plus inviolable, ils sç relâ-cheroient & ne trouveraient pas mauvais qu’on se défendît de leur accorder ce qu’ilssouhaitoient.

Dans ce conflit de fentimens, on députe à Rome pour informer le Sénat de la mode-ste opposition que Lycortas avoir faite aux ordres qu’il en avoir reçûs. Mais par mal-heur on mit Callicrates au nombre des Ambassadeurs, Sc ce traître gagné & corrompupar les présens des bannis, parla dans le Sénat contre les Achéens plus vivement, quen’auroit pû faire leur ennemi le plus emporté. Non seulement il y déclama contre ceuxqui n’avoient point été de son avis, il osa encore suggérer comment il falloir s’y pren-dre pour étendre & établir la puissance Romaine dans le Péloponèse. Le Sénat ne man-qua pas de saisir cette occasion, pour rabaisser la prétendue fierté de cette République!il ne se contenta pas d’envoier de nouveaux ordres en saveur des éxilez, il écrivit en-core aux Etoliens, aux E pirates, aux Athéniens & aux Acarnaniens, pour les exciterà se joindre tous ensemble contre les Achéens, Sc pour comble de malheur le perfideCallicrates sçut à son retour jetter dans le Péloponèse une si grande terreur des Romains»que la multitude, qui n’étoit pas instruite de ce qu’il avoir fait à Rome, crut ne pou-voir rien faire de mieux que de le choisir pour Capitaine Général.

Idem p. La guerre de Perfée qui suivit de près cet événement, donna lieu à de nouveaux trou-iH 1 ' blés. Aulus Hostilius, de la Thessalie, où il étoit en quartier d’hiver, envoia dans leAn de Péloponèse C. Popilius & Cn. Octavius. Le bruit courut aussi-tôt dans le oaïs que

Rome ces deux Députez venoient pour faire le procès à Lycortas, ì Polybe & à Archon, au-

DLxxxvi. tre Magistrat, sor ce qui avoit été rapporté aux Romains que ces trois Achéens intri-guoient contre eux, Sc que si pour le présent ils paraissaient ne pas se remuer, ce n’é-toit pas qu’ils n’eussent mauvaise volonté, mais qu’ils attendoient quelque incident qui

leur