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Tome I.
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XXIX
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VIE DE POLTBE. à

prend quelques jeunes gens des plus qualifiez de la ville, tous bien montez, & parmilesquels on ne peut raisonnablement douter que Polybe ne sût, & marche vers Meíféne.

A moitié chemin, il rencontre Dinocrates, le charge & le met en fuite. Cinq censchevaux des ennemis le surprennent dans un fond très-difficile. II ferre son petit esca-dron , se met à la queue, & s’avance plusieurs fois contre l’ennemi, pour donner à sesjeunes gens le tems de se sauver. Son cheval s’abbat, il tombe, & son cheval fur lui, peus’en fallut qu’il n’en fût écrasé. Les ennemis accourent & Penvironnent. Quand ils eu-rent reconnu que c’étoit Philopœmen, respectant ce grand homme, & se rappellant lesservices signalez qu’il leur avoit rendus, ils le relevèrent comme si ç’ eût été leur Géné-nal, & le conduisirent à Meíféne à travers une foule innombrable de peuple qui s’étoitamassée pour le voir : mais à peine y fut-il arrivé, qu’on le descendit dans un lieu sou-terrain, que l’on couvroit d’une grosse pierre, & ou le lendemain on lui envoia unpoison. II demanda à l’éxécuteur, si Lycortas & ses cavaliers s’étoient retirez sains& saufs, & quand on lui eut dit qu’ils s’étoient sauvez r cela me sait plaisir, dit-il, & ausïï-tôt il prit le poison, qui ne le tourmenta pas longtems ; il étoit si é- An depuisé, qu’il sut éteint en un moment. dlxxi

Sur la nouvelle de sa mort, on tint un grand Conseil à Mégalopolis, ou l'onrésolut de venger un attentat si horrible. Lycortas nommé Général, se jette dans laMeífénie, & y met tout à feu & à sang. Meíféne ouvre ses portes. On brûle lecorps de Philopœmen, & l’on porte ses cendres à Mégalopolis. C’étoit Polybe quidans cette pompe triomphale portoit l’urne, il avoit alors environ vingt-deux ans.

Les Messéniens députèrent ensuite aux Achéens pour demander la paix, qui leur fut Polyb.'accordée par Lycortas à ces trois conditions, qu’ils livreroient tous ceux qui avoient eu T - H.part au démembrement de la ligue & à la mort de Philopœmen, que toutes les affaires p ‘ Ii0 7'soroient portées au Conseil des Achéens, & qu’ils recevroient garnison dans leur citadel-le. Ces conditions acceptées, Lycortas entra dans Meíféne,- & enjoignit à tous ceux quiétoient convaincus d’avoir conspiré contre Philopœmen, de se donner la mort à eux»mêmes.

La guerre de Meíféne terminée, les Romains surent un peu étonnez que ce fût àl’avantage des Achéens. Pendant qu’elle étoit le plus allumée, comme les Ambassadeursde cette République leur avoient demandé du secours contre les Meíféniens, ou dumoins qu’ils ne permissent pas qu’on leur portât des vivres, ils avoient répondu, qu’ils Pol yb-ne vouloient point se mêler dans cette guerre , & qu’il leur importoit peu que Lacédè- p ' ■

mone, Corinthe ou Argos se séparassent de la ligue. Mais quand ils eurent appris que j £ j emles Achéens avoient eu le dessus , ils changèrent de sentiment , & dirent aux mêmes Am- p. 11074.baífadeurs, qu’ils avoient pris des mesures, pour empêcher que l’on ne portât des vivres& des munitions à Meíféne.

Lycortas fans faire semblant de savoir la dernière réponse, profita habilement de la pre-mière, pour rejoindre Lacédémone à sa République. Le Conseil assemblé, il dit quepuisque les principaux de cette ville souhaitoient rentrer dans la ligue, son avis étoitqu’on ne refusât pas leurs offres t qu’il voioit dans cette réunion de grands avantages ,outre qu’il n’y avoit rien à craindre des anciens bannis; parce que l’on ne reprendroitque ceux, sor la fidélité desquels on pourroit compter.

Ces raisons eurent tout leur effet, malgré les oppositions de Diophanes, qui favori-soit le retour de tous les bannis en général, & Lacédémone rentra dans la ligue des A-chéens. On députa ensuite Lippus d’Argos, pour informer le Sénat Romain de ce quiEtroit de se passer, & ] e s bannis envoiérent à Rome dé leur part Cletis, pour défendreidem’eur cause contre l’Ambassadeur des Achéens. Le Sénat, après les avoir entendus, écri-P- 1210par Cletis aux Achéens, pour les engager à rétablir tous les exilez; mais cette Ré~

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