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Nous voilà décontenaftcez, quand le terrain s’ouvriroit en sortant d'un mauvais pas, ilfaut se réformer & se remettre : cela est-il bien aisé l’ennemi sur les bras, qui guettel'occasion de nous charger avec avantage ? Cela me semble bien délicat , & sur toutdans un païs où il saut réitérer plusieurs fois ces sortes de manœuvres. Voilà mes gérss bout.
Que fera un habile homme qui fera au fait de mon principe des Colonnes ? II diraj'ai quatre mille hommes, avec des armes de longueur pour joindre aux courtes,partageons ce bataillon quarté en quatre corps & formons les quatre Colonnes A, B,C, D, dc mille hommes chacune.
Cela fait , donnons 40 à 45 pas de distance de l’une à Pautre. N'est-il pas vrai queces quatre Colonnes se trouvant d'une figure plus simple , & moins embarrassée pour lamarche , & s’accommodant à toutes sortes de situations de terrain, se retireront augrand pas & fans confusion , se soutenant réciproquement les unes les autres, & parelles-mêmes ? Si marchant dans cet ordre , l’ennemi E les attaque toutes en F & mêmed*une attaque environnante, on n’a que faire de changer l’ordre; & quand les distancesqu’elles laissent entr'elles seroient plus grandes ou plus petites, il n’y a nul inconvénientà craindre. Les bataillons E, G , n’y trouveront pas leur compte, j’en ai assez fait voirla raison ; ils seront bientôt pénétrez , renversez & ouverts de toutes parts ; & s’il yavoir plusieurs lignes de cette force , ou plus étendues, comme je suppose les deux E,G, elles ne résisteraient pas davantage.
Mais , dira quelqu’un , car ce quelqu’un s’est rencontré , si les lignes E, G, serapprochent & s’enchâssent les unes dans les autres , & n’en forment plus qu’une , lesbataillons d'une troisième se joignant derrière les autres, & doublant leur hauteur enmaniéré de phalange , vos Colonnes tiendront-elles contre cette masse d’infanterie ?C’est ainsi que l’on reconnoît , fans y penser & fans le vouloir , la nécessité de com-battre sur une grande profondeur , que l’on approche malgré soi de mon opinion , &que l’on convient avec moi que notre maniéré de combattre efi pleine de défauts tr'es-ejfentiels , puisqu’il saut renverser & changer tout l’ancien système pour parer contre lemien. Nous attendons ce changement du tems &de la guerre, l’un & l’autre justifierontmes principes.
Une phalange coupée par corps est bonne à bien des égards, mais elle ne sçauroitjamais soutenir contre une ligne de Colonnes à la distance du front d'un bataillon l’unede l’autre.
Je vais plus loin en laissant la phalange , dont nous n’avons que faire ici. Si cesquatre Colonnes s’avancent fur le front E , qui lui coupe la marche , non seulementelles perceront, mais je prétens encore que leur feu est du triple plus fort que celui del’ennemi. On en fera surpris, la chose est cependant incontestable.
Considérons les dissérens feux de ces Colonnes ordonnées de la manière que je lesrange , & opposées aux lignes E , G , le feu de E , ( car il ne faut pas parler de celuide la ligne G , qui ne peut en fournir , ) est-il comparable au feu qui part des têtes& des cotez H , L , de mes Colonnes : feu d’autant plus terrible, plus meurtrier &plus dangereux, que les coups ou tirs font obliques, croisez & ramassez comme en M îde sorte que ce qui paraît & qui se présente entre les distances ou les vuides d’entre lesColonnes , ne sçauroit jamais soutenir le nombre & la violence de ces feux directs Scobliques , qui ne finit point suivant ma méthode.
Je suppose que l’ennemi esiuie toute cette bourasque de coups de fusils fans branles& fans perdre patience , je veux même que ces lignes de feu ne soient pas telles que j eles représente, (car quoiqu’elles soient telles en effet, ce n*est ici qu’une supposition»)& que ks bataillons E , G, pour se garantir d’un tel orage, ou croiant l’éviter, abor-
dent