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Tome IV.
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P R E F A C E. xv

épaifles ténèbres, uniquement parce quej’ai paslê toute ma vie dans Pin-fanterie. Cela ne prouve rien. Le célébré de la Noue , un de nos Maî-tres, pour mieux dire, avoit-il servi dans la cavalerie? Et cependant ilen a écrit & parlé infiniment mieux que Bastá, Sc nous a donné d’ex-cellens préceptes : les choses aiant changé , je donne les miens avec lamême liberté.

Je prie l’Auteur des Réflexions de me rendre un peu plus justice, &de ne pas mépriser ce qui réellement n’est pas méprisable. 11 échape.quelquefois aux personnes les plus polies des manières de parler dures& indécentes qu’elles auroient peine à pardonner dans les autres. Onpeut mettre de ce nombre le trait suivant, que je veux bien croire n’a-voir été décoché qu’en Pair : ‘Pourquoi sè partager , dit-il, dans Vestimequ'on doit avoir pour tous ceux qui font de la même profession ? Ilrìya que des esprits médiocres qui veulent à leur honte se singulariser , frqui ignorent la guerre de campagtie. Je ne puis me persuader que celbit à moi que cette botte est portée. Le Critique anonyme adopte ôccopie la plupart de mes principes de Tactique. Quelle apparence qu’unhomme consommé dans toutes les parties de la guerre, s’abaiíse jusqu’àprendre les sentimens d’un homme qui ne sçait pas seulement la guerrede campagne ? Revenons maintenant au compte des matières renfer-mées dans ce quatrième Tome de mon Commentaire.

J’entre dans un détail instructif des fautes de Scipion après la défaitede fa cavalerie, & de là je passe à des Observations fur la bataille de laTrébie, qui ne fut perdue que par Pignorance & l’impatience de Sem-pronius. De là je viens à la marche célébré d’Annibai dans les maraisde Clusium ou de Chiana. Cette marche tient presque du merveilleux& de Pincroiable, si Charles XII. Roi de Suéde ne nous avoit fait voirpar les siennes, beaucoup plus difficiles, 8c peut-être plus surprenantes,que ce qui est incroiable n’est pas toujours faux.

Les marais de Chiana ne font pas moins célébrés aujourd’hui par lamarche ruíee d’Annibal, qui fut le résultat d’un grand deflèin , que ledétroit de Thrasyméne se fest rendu par la victoire de cet homme ex-traordinaire. Cette journée fameuse fait le sujet d’une Diíîèrtation fortétendue, où je traite des embuscades d’armées dans les détroits des mon-tagnes, & des marches fausses Sc toutes opposées en apparence aux dif-férentes vues qu’on pourroit avoir, fans que l’ennemi puisse juger duVéritable deflèin , & se précautionner autrement qu’en demeurant en re-pos, adreíse ordinaire du grand Turenne. Cette partie de la guerren’aiant jamais été traitée , je P ai Pexaminée avec tant d’étendue 8c defoin, que la plupart croient qu’il ne me reste plus rien à dire:8c cepen-dant je ne me promets pas de Pépuifer entièrement ailleurs.

Ce troisième Livre de Poìybe est tellement rempli d’événemens extra-des , qu’on ne doit pas être surpris s’il remplit un Volume entierd Observations fur différentes parties de la guerre. Je n’ai pû même

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