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Tome IV.
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XVI
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xvi PREFACE.

ajouter une Diíïèrtation fort intéressante que j’avois promis d’y inférer.Elle rouloit sur les avantages qu’a la guerre offensive fur la défensive^où je démontre qu’il faut infiniment plus de capacité , d’expérience 6cde fermeté dans un Général d’armée pour celle-ci que pour l’autre. Noustrouverons aííëz l’occaíion de la placer dans les Volumes fuivans, je Pa-vois faite à tout autre deísein que de la mettre dans cet Ouvrage. CetteDiíïèrtation venoit à propos du changement qui arriva dans les affaires,lorsque Fabius en prit la conduite. C’est ce Fabius qui sauva sa patrie,lorsqu’elle étoit prête à crouler, malgré les persécutions de ses envieux8c ^ingratitude prodigieuse du peuple Romain. Mais il faut toujoursou presque toujours que les plus grandes vertus soient détruites, ou ca-lomniées , ou persécutées en la personne de ceux qui en sont les mieuxfournis, 6c que les envieux ou ceux qui n’en ont aucune triomphent dela misère des gens de bien. L’on verra ce Fabius, l’un des plus hon-nêtes hommes , 8c le plus grand Capitaine en son genre que Rome aitjamais produit, attaqué en son honneur, persécuté, & puis remerciéde ses services pour faire place, 6c céder le commandement des armées(a) Paul aux nouveaux Consuls, dont l’un (a) , qui en étoit très-digne, 6c amiAâ du Dictateur, ne fut pas écouté ; 6c l’autre (b) de la lie du peuple,reltius fans aucune expérience de la guerre, regardé comme un Oracle, quoi-vano. q U >q fût seul la cause de l’infortune de Cannes. Remercîment fatalà la République. La façon de faire la guerre de Fabius , 8c ses bellescampagnes, m’ont fourni une infinité de sujets6c d’observations militai-res. Je traite particulièrement des mouvemens 6c des campemens desarmées, 6c de la guerre des montagnes.

Le stratagème d’Annibal,enfermé dans le détroit ou le défilé deCassi-linum, est unique dans son espèce, 6c les Romains les seuls au mondequi aient pû donner dans un piège aussi grossier que celui-là : tant Fa-bius étoit malheureux en Officiers Généraux. C’étoit à la vérité deshommes courageux ; mais d’une présomption insupportable, 6c par con-séquent très-malhabiles, 6c d’une envie prodigieuse, toujours compagnede l’ignorance, 6c ennemie implacable des grandes vertus.

Les combats de Géranium íùivent de près le stratagème de Cassili-num. 11s terminèrent cette campagne. Les Observations fur ces diffé-rentes actions sont dignes de remarque, 8c d’une instruction peu commu-ne. Les deux armées campèrent tout l'hiver en cet endroit-là. Jamaisle Général de Carthage ne sc vit dans de plus grands embarras qu’en cecamp-là. II semble qu’il l'avoue lui-même au dernier combat, que Mi-nucius perdit : combat qui eut entraîné la défaite de toute l’armée Ro-maine, fi Fabius ne fût venu au secours. Ce que dit Annibal ensuitede cette action, est un signe qu’il se voioit réduit à l’extrémité.

Dès i’ouverture dc la campagne, ce grand homme sentit plus que ja-mais cette extrémité. Mais malheureusement pour les Romains, la for-tune le remit dans ses avantages. Fabius fut obligé de se démettre de fa

Dicta-