P R E F A C E. xix
de persuader ceux qui sont exemts des préjugez de la coutume , & quilisent avec discernement. Je les réfuterai dans cette Préface, au moinscelles où l’Auteur paroît m’avoir un peu compris. Je ne doute pas qu’iln’en soit capable ; mais c’est feulement par défaut d’attention. Bienque mon Livre ne mérite peut-être pas tant d’honneur -, je crois cepen-dant que lorfqu’il est question d’écrire pour le public, & de réfuter lesopinions d’un Auteur , on doit prendre garde de plus près à ce qu’onfait, non pas par l’estime qu’on a de son Ouvrage ; mais par pure con-sidération pour le public, peut-être prévenu en faveur de ses sentimens,fur tout lorsque cet Auteur ne marche jamais qu’à l’ombre des preuves,d’une longue expérience , Sc des faits fur lesquels on ne dispute pointsans témérité. D’ailleurs on ne propose rien qu’on n’ait vû auparavantsi l’Ecrivain qu’on attaque n’a pas pris les devants, s’il ne s’est pas faitles mêmes objections , Sc s’il n’a pas déja répondu à celles qu’on luifait de nouveau. Or toutes celles de l’Anonyme ont été déja réfutéesSc renversées dans les Volumes précédens; à moins qu’on n’en ait deplus fortes à faire pour rétablir un édifice ruiné , Sc cela ne paroît pasdans l’Anonyme. 11 étoit inutile qu’il revint au reproche que certainespersonnes m’ont fait d’abord d’être mon propre Panégyriste. J’ai ré-pondu à ces personnes-là dans la Préface de mon Troisième Tome pageXII. par un côté qui a dû les édifier Sc les guérir du soupçon apparentd’orgueil & d’immodestie , qui fembloit si fort les choquer. J’ai dé-claré que je ne prenois ce parti qu’à regret, Sc ceux qui me connoisisent sçavent bien que j’étois réduit à la fâcheuse nécessité de rendre bontémoignage de ma personne pour une bonne fin. Si l’Anonyme avoitlû ma Préface, il íè seroit dispensé de la peine Sc de la fatigue qu’il abien voulu se donner pour me corriger sur cet article , bien loin d’enprendre scandale. II me semble un peu étrange qu’il n’ait pas lû mesPréfaces, car c’est par là que l’on commence, 11 n’a pas même eu lapatience de lire mon Livre avec toute l’exactitude qu’il demande, il estencore visible qu’il n’a fait que courir fur les Paragraphes qui ont don-né lieu à ses Réflexions. S’il est permis de comparer le petit au grand,Xénophon dans fa retraite des dix mille, Périclés , Scipion & tantd’autres ont été leurs propres Panégyristes, Sc tous ces gens-là y étoientforcez. Ce ne sont jamais que les envieux , aufquels toute vertu faitombrage, qui nous y obligent : c’est l’unique moien de couvrir de hon-te ces Mestleurs-là.
Dans la page 8. chap. r. le Critique eípére qu’après avoir parlé desAnciens, je ne négligerai pas les Modernes, Sc que je n’oublierai pasles campagnes de M. le Prince de Condé , ni celles de M. de Turen-ne. S’il eût lû les deux premiers Volumes, il eût trouvé que j’ai rap-porté quelques-unes de leurs plus belles actions: il faut que la mémoirel’ait trompé. Je fuis le premier qui ait avancé qu’Henri IV. étoit non
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