xviij PREFACE
me conduisent à des réflexions différentes, qui regardent la guerre Se
la politique des Romains dans ce tems-là.
J’écarte une infinité de matières, dont je ne crois pas devoir rendrecompte dans cette Préface. On sçait le plan que je me suis formé danscet Ouvrage. C’est un Commentaire fur Polybe, orné d’Obfervations,de Dissertations fur les événemens que l’Historien rapporte, 8c que j’ac-compagne de Notes dans les endroits où elles m’ont paru nécessaires,& ces Notes amusent 8c délassent. Aucun de mes Lecteurs n’y a trou-vé à redire , hors les Révérends Pérès Journalistes de Trévoux. S’illeur eût plû d’alléguer des raisons bonnes ou mauvaises pourquoi cesNotes 8c ces Réflexions leur déplaisent, nous les aurions examinées,Sc pris là-deflus le parti que nous aurions jugé à propos de pren-dre.
Ils se sont plaints dans leur Journal du mois de Mai, que le textede Polybe se perd dans un abîme de Notes & de Réflexions. C’estbien tard qu’ils s’avisent de prononcer que l’Ouvrage est digne de leurcensure. Mais il faut attendre ce qu’ils diront, ce n’est ici qu’une sim-ple escarmouche , 8c bientôt nous les verrons dans la plaine. Aprèsdix-huit mois de méditation, ils m’ont décoché un petit trait de satyre,comme pour m’avertir en attendant mieux. Ils trouvent enfin que c'estdommage qu'on ne puijfe pas lire de fuite Polybe , & qu* il faille pourainfì dire courir âpres le texte, qui fe perd a chaque moment dans unabîme de Notes & de Réflexions.
Ces Notes 8c ces Réflexions pourroient être véritablement un abîmepour ceux, qui n’entendant pas Sc n’aiant jamais étudié la matière , setrouvent dans les ténèbres les plus épaisses , ils s’y perdent. Mais toutCommentaire n’est pas un abîme pour tous les Lecteurs. Je crois aucontraire que ce seroit un grand bien pour les Lettres 8c le bon goût,qu’on commentât, ainsi que je fais pour Polybe , les Historiens lesplus célébrés de l’antiquité , comme Hérodote , Thucydide , Xéno-phon , César 8c quelques autres. On en tireroit plus de profit quenous n’en tirons des Notes 8c des Réflexions de la nouvelle HistoireRomaine.
Je ne demande point qu’on m’épargne dans les critiques qu’on mefera, je sçai que je ne suis pas exemt de fautes. Je reconnois en avoirfait un bon nombre , 8c je ne trouverai jamais mauvais qu’on m’en a-vertiíse 8c qu’on me relève , pourvû que- ce soit avec politesse 8c debonne foi.
Ceux qui ont envie de me critiquer ne feroient-ils pas mieux d’imi-ter Y Auteur anonyme des Réflexions fur le I. & le II. Tome des Com-mentaires fur polybe , 8c fur mon Livre des Nouvelles Découvertes?Je lui sçai bon gré d’en avoir usé avec politesse. II y a un peu de cha-grin en quelques endroits. Ses remarques font foibles, 8c peu capables
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