4 HISTOIRE DE PO L Y B E,
nus à bout de soumettre toute la terre à leur domination. Si soft de-voir juger de ce qu’il y a de louable ou de repréhensible dans les hom-mes ou dans les Etats par le bonheur ou le malheur des événemens, jedevrois borner là mon ouvrage, puisque mon dessein est rempli, 'queles cinquante-trois ans finiísent à ces derniers événemens, que la puiílàn-ce Romaine fut alors à son plus haut point, que tout le monde étostforcé de reconnoître qu’il ne restoit plus qu’à leur obéir & à exécuterleurs ordres. Mais l’heureux ou malheureux succès des batailles ne suf-fit pas pour donner une juste idée des vainqueurs ni des vaincus j sou-vent les succès les plus heureux, faute d’en avoir fait un bon usage,ontété cause de très-grands malheurs, comme il y a eu nombre de gens àqui des accidens très-fâcheux ont été d’une très-grande utilité parcequ’ils ont íçû les supporter avec courage. Outre les événemens, il, fautdonc encore considérer quelle a été la conduite des Romains, com-ment ils ont gouverné l’univers, les «Esterons sentimens qu’on a eus deceux qui étoient à la tète des affaires, les penchans & les inclinationsdominantes des particuliers, tant dans le domestique, que par rapporíau gouvernement. Par ce moien notre siécle connoítra si son doit sesoustraire à la domination Romaine (a) ou s’y soumettrez Sc les siécles
à
(a) Si l’on doit se soustraire à la domination X«- leur domination étoit équitable & douce, les peu-tnaine ou s’y soumettre .] Les Romains ont été di- pies alliez comme les autres soumis à leur puis-gnes de commander à toute la terre, depuis le lance conservèrent longtems leurs loix 8c leur 1-'-commencement de leur République julqu’à la fin berté : ils paioient un léger tribut à la Républl-de la guerre contre Persée , 8c même un peu a- que >.ou l'on le contentait d’un certain nombreprés , bien qu’on s’apperçoive de beaucoup de de- troupes que chacun fournifsoit selon ton pou-corruption; maïs comme elle monta à son com- voir, Lus rien contribuer au-delà. Cela leur pa-ble après la troisième guerre Punique, on ne vit roissoit raisonnable 8c juste , 8c en ce tems heuplus de vertus dans la République : elle devint reux ils sentaient assez qu’il leur étoit plus avan"trop puissante pour que fa domination fût sup- tageux de se soumettre que de se soustraire à kportable. Le luxe, l’avarice, l’msolence, 8c tous domination Romaine, qui les faisoit respecter deles vices qui suivent les grandes conquêtes, se dé- leurs voisins. Les autres qui avoient été soumisbordèrent dans Rome 8c dans toute î’Italie com- par les armes , jouissaient des mêmes avantages-me un torrent, 8c corrompirent les mœurs de lès ou leur joug étoit si léger en comparaison de ce-Citoiens. Tous ces vices s'accrurent à tel point lui de peuples sujets des autres Puilîânces ou’il8c si excessivement, qu’on regarderoit comme un ne s’en trouvoit aucun qui ne souhaitât dè passerpur roman ce que les Historiens nous en disent , sous la domination Romaine. Mais cette, dou-si le luxe d’aujourd’hui n’alloit presque aussi loin ceur 8c cette équité ne subsistèrent qu’autant queque celui des Romains-, 8c par coniëquent leurs Rome eut à craindre au dehors. Lorsoue toutvices: si nous opposions tout cela ensemble,nous fut vaincu, la-tyrannie.s’établit peu à peu au dene serions pas peu surpris du parallèle , 8c si nous dans,8c lans rien craindre ou du moins fans tropcomparions de même la frugalité de nos pères a- appréhender une révolution générale parce cmevec celle que les Romains gardèrent jusqu’à la l’on eut toujours de bonnes armées sor pied Sonseconde Punique , nous trouverions une égalité joug devint alors très-pésant : il n’y eut plus àtrès grande entre l’une 8c l’autre. L’áise 8c l’a- balancer sur l’un de ces deux partis , siTon devoitbondance produisent la corruption des mœurs , se soumettre ou se soustraire à la domination Ro-celle-ci.celle des loix ; on ne sçauroit plus y re- maine. Le dernier étoit fans doute le meilleurvenir. 11 faut les changer ou lès assoiblir, 8c en que les alliez eussent à prendre , s’ils se fussentdiminuer la sévérité , pour les accommoder à nos tous unis pour la défense de leur liberté IIforces , que le luxe énerve. La gloire des Ro- certain que les peuples furent plus heureux sensmains acquise par tant de victoires. 8c de conquê- le régne même des plus médians Empereurs, quetes, lorsque la République etoit dans sa fleur, e- pendant les cinquante ou soixante dernières antoit plutôt due a leur prudence qu’a la violence : nées de la République, Ç c Sénat, autrefois com'