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Tome IV.
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LIVRE III. C H A P. I. 5

Z venir jugeront si elle étoit digne de louange ou dc blâme. C’est delà que dépend presque tout le fruit que son pourra tirer de cette His-toire, tant pour le présent que pour l’avenir. Car ne nous imaginonspas que les Chefs d’armées n’ont, en faisant la guerre, d’autre fin quede vaincre Lc de subjuguer, ni que l’on ne doit juger d’eux que parleurs victoires & par leurs conquêtes. II n’y a períònne qui faíîè laguerre dans la feule vûe de triompher de ses ennemis. On ne se metpas fur mer pour palier simplement d’un endroit en un autre. Les scien-ces Sc les arts ne s’apprennent pas uniquement pour en avoir la con-noiííànce. On cherche en tout ce que l’on fait, ou l’agréable, ’ oul’honnête , ou Futile. Cet ouvrage ne fera donc parfait 8c accompliqu’autant qu’il apprendra quel fut, après la conquête du monde entierpar les Romains , l’état de chaque peuple en particulier, jusqu’au temsoù de nouveaux troubles se sont élevez, 8c qu’il s’est fait un nouveauchangement dans les affaires. C’est ce changement que je me fuisproposé d’écrire. L’importance des faits 8c les choses extraordinairesqui s’y font passées, m’y ont engagé. Mais la plus forte raison, c’estque j’ai été témoin oculaire de la plupart des événeniens , que j'ai con-tribué à l’exécution de certaines choses, & que j’ai été le conducteur debeaucoup d’autres.

Ce fut dans ce soulèvement que les Romains allèrent porter la guer-re chez les Cekibériens 8c les Vacéens > que les Carthaginois la firentà Maílaniílè Roi dans f Afrique ; qu’en Asie Attalus 8c Pmsias se la dé-clarèrent l’un à l’autre ; qu’Oropherne aidé par Demetrius chaílà dutrône Ariarathe Roi de Cappadoce, 8c que celui-ci par lui-mème y re-monta ; que Séleucus fils de Demetrius, après avoir régné douze ansdans la Syrie, perdit le Roiaume 8c la vie par la conspiration des autresRois; que les Romains permirent aux Grecs , accusez d’avoir été au-teurs de la guerre de Persée, de retourner dans leur patrie, après qu’ilseurent reconnu leur innocence-, que peu de tems après ces mêmes Ro-mains attaquèrent les Carthaginois , d’abord pour les obliger à changerde pais, mais ensuite dans le dessein de les détruire entièrement, pourdes raisons que nous déduirons dans la fuite-, qu’enfin vers le mêmetems les Macédoniens aiant renoncé à Palliante des Romains, 8c lesLacédémoniens s’étant détachez de la République des Achéens , onvit le malheur commun de la Grèce commencer 8c finir tout ensem-ble.

Tel est le deífein que je me fuis proposé. Faíîè la fortune que masoit aílèz longue pour l’exécuter 8c le conduire à sa perfection. Je

fuis

dont'c Y tant d e gens de bien & de têtes sages, Se regardé avec un très-grand mépris , Sc commeune affenvbi- a sy rr ^ us qu'il lui avoir paru une assemblée de gens corrompus , injustes Sc

S’il l’eût vû e <f è Rois , n’étoit plus le même. brigans , en un mot comme les tyrans du mondeìns le, tems dont jc parle ; il l’eût entrer.

A A