LIVRE m. C H A P II. 7
traversant toute P Asie , avec laquelle ils étoient en guerre, n’a volentnéanmoins trouvé personne qui osât s’opposer à leur retraite. Le secondfut le passage d’Agé filas Roi de Lacédémone en Asie, où il ne rencon-tra rien qui mît obstacle à ses desseins, quoique d’ailleurs il fût obligéd’en sortir sáns avoir rien fait, rappellé qu’il étoit dans la Gréce parles troubles dont elle étoit alors agitée. Car Philippe faisant réflexiond’un côté sur la mollesse Sc la lâcheté des Perses, Sc de l’autre fur lesgrandes parties qu’il avoit lui Sc les siens pour la guerre ; excité d’ail-leurs par l’éclat & la grandeur des avantages qu’il remporteroit de laconquête de cet Empire ; après s’être concilié la faveur des Grecs , ilprit enfin son eísor , • conçut le deflèin d’aller porter la guerre chez lesPerses, Sc disposa tout pour cette expédition, sous prétexte de vengerles Grecs (a) des injures qu’ils en avoient reçues. II est donc hors de
doute
(a) Sous prétexte de venger les Grecs des injures sommes d’argent dans k Gréce , 8c de les dis-qu’ils en avoient relues.'] Ne cherchons pas d’au- tribuer abondamment aux Orateurs, qui ne man-tre source de la guerre des Grecs contre les queroicnt pas de so tourner de son côté , 8cPerses, que les richesses , Taise 8c Topulence de d'exciter les peuples chacun dans ià ville contreces derniers, les trésors immenses de leurs Rois, les Lacédémoniens. s? tte diversion de pisto.esceux des Satrapes qui gouvernoient les Provinces fit infiniment plus d eíiet qu une armée de cent8c des Grands de cet Empire , la foibieíïe de mille hommes ; elle en nt un tel 8c íì promt z
leurs frontières , la beauté & la bonté du païs , qu’etl peu de tems toute la Gréce se souleva
capable de fournir à Tentretien des plus nom- contre eux , 8c forma une ligue si formidable ,breuíès armées, la mollesse 8c la lâcheté de ces appuiée fans doute fur l’or des Perles , qu’Agé-peuples, le peu de discipline de leurs troupes, filas fut incessamment rappellé , 8c obligé d’a-8c leur incapacité dans la science des armes. Voi- bandonner TAsie qu’il alloit subjuguer, pour nelà la seule 8c unique cause, 8c le sujet de cette songer qu’à défendre les Etats de Lacédémone ,guerre. Le retour des Grecs sous la conduite beaucoup moins considérables que Tun des parcsde Xenophon , qui ne trouva aucune résistance du Roi de Perse.
dans íà retraite, la deseente de Xerxès dans 1a Philippe, père d’Alexandre, voioit assez queGréce, dont Polybe ne parle pas , l’oppression l’expédition de TAsie n’étoit pas une entreprisedes villes Gréques ; toutes ces choses ensemble fort difficile: il n’avoit rien à craindre des Grecs,ne sont que les prétextes de cette guerre. Le dont il s’étoit concilié la faveur. 11 n’avoit pas
passage d’Agésilas en Asie, ou il ne trouva rien non plus besoin que Ton emploiât contre lui
qui osât s’opposcr à ses conquêtes, quoiqu’il fût les mêmes machines qui chassèrent Agésilas deà la tête d'une petite armée contre un ennemi TAsie. II étoit maître absolu de k Gréce , ilinfiniment supérieur, n’aida pas peu auffi à dé- s’y étoit si bien cramponné, 8c Tavoit tellementterminer les Grecs à entreprendre la conquête bridée par de bonnes forteresses, que toute Té-de ce grand Empire : car si ce Roi de Lacédé- loquence des Orateurs Sc tout Toi- de TAsiemone n’eût pas vû renverser son projet par une n’eussent servi de rien. II comparoir de Tautreruse de politique que Conon inspira au Roi de part ses rares talens pour la guerre > 8c kPerse , il est certain que ce Roi de Lacédémo- valeur de ses troupes aguerries 8c formées dene eût fait ce qu’Alexandre fit depuis. fa main, avec l’état où il voioit le grand Roi ,
La ruse de Conon n’étoit point mal imaginée, beaucoup de Généraux, &. pas un feus capable de11 vit bien que toutes les forces de TAsie ne commander ; des armées innombrables, St pastiendroient jamais contre les plus braves hom- un soldat; des trésors immenses; mais avec toutMies Sc le plus grand Capitaine de k Gréce, 8c Tor du monde, on ne formera pas d’excellens'Ne toute la puissance du Roi de Perse cour- soldats & d’habiles Officiers. II n’en falloir pasïo it risque d’être renversée, s’il n’emploioit d’au- davantage pour exciter Tambition d’un grand\ r , es tnoiens pour rendre inutiles tous les desseins Capitaine, 8c pour regarder k conquête de T A-tel ennemi > 8c lui faire tout abandonner , fie comme une entreprise fort peu difficile, itpour courir au plus pressé. Quelle fut donc prit enfin son ejsor , dit mon Auteur, concut legrand politique que Conon propoíà au dejsein de porter la guerre chez. les Perses , ér dif-
giner ■ q ’ si a pins efficace qu’on puisse ìma- posa tout pour cette expédition , sous prétexte de” • n soi conseilla de faire passer de bonnes venger les Grecs des injures qu’ils en avoient re-