■jô, HISTOIRE DE P O L Y B E,
«e fi sage-conduite, qu’après avoir fait la guerre fous les ordres d’Anni-bal pendant dix-fept ans de fuite , ils ne la finirent que loríqu’il n’yeutplus rien. à espérer, & qu’ils virent enfin leur patrie à deux doigts de
ía AuÏeste, fi j’ai fait ici mention de Fabius êc de son Histoire, ce n’estnas de peur que la vraisemblance qu’il jette sur ce qu’il dit n’en imposeases Lecteurs: car il n’y en a point, de Lecteur, qui, fans qu’on l’a-vertistè, nepuiíîè voir par lui-même combien cet Historien est peu ju-dicieux : mais pour recommander à ceux entre les mains de qui ses Li-vres tomberont, de ne point s’arrêter au titre, & d’examiner les faitsmêmes qu’il rapporte. Car on volt des gens, qui f allant moins d atten-tion à ce qu’il débite qu’à lui-même, & fe laissant prévenir par ce pré-jugé qu’il étoit contemporain & Sénateur , dès-là fe persuadent qu’ondoit ajouter foi à tout ce qu’il raconte. Mon sentiment est qu’on nedoit pas tout-à-fait mépriser son autorité, mais que feule elle n’est passuffisante, & qu’il faut considérer les choses mêmes qu’il écrit,pour ju-ger ensuite fi on doit l’en croire ou non. Je reviens à mon sujet.
CHAP I T R E III.
première cause de la seconde guerre Tunique , la haine d'AmilcarBarcas contre les Romains : seconde cause , la nouvelle exactionde s Romains fur les Carthaginois :. troisième, cause , la conquête deVEspagne par Amìlcar .
J E crois donc qu’entre les causes pour lesquelles les Romains ont faitla guerre aux Carthaginois, la première est le reíìèntiment d’Amil-car surnommé Barcas , & père d’Annibal. Car quoiqu’il eût étédéfait en Sicile , son courage n’en fut point abattu. Les troupes qu’il a-voit commandées à Eryce étoient encore entières, & dans les mêmesfentimens que leur Chef. Si cédant aux tems il avoir fait la paix après labataille qu’avoient perdue fur mer les Carthaginois, son indignationrestoit toujours la même, & n’attendoit que le moment d’éclater. IIauroit même pris les armes aussi-tôt après, fans la guerre que les Car-thaginois eurent à soutenir contre les soldats mercénaires. Mais il fal-lut d’abord penser à cette révolte, & s’en occuper tout entier. Cestroubles appaifez, les Romains étant venus déclarer la guerre aux Car-thaginois , ceux-ci n’hésitérent pas de fe mettre en défense, se persua-dant qu’aiant la justice de leur côté, ils ne manqueroient pas d’avoir ledessus, comme j’ai dit dans les Livres précédens , & fans lesquels onne pourroit comprendre ni ce que je dis ici, ni ce que je dois dire dans
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