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Tome IV.
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UVRE III. CHAP. XIII. m

Hue le païs change à mesure que l’on avance, & cependant ce grand Capitaine négligead’en amener, linon quelques escadrons de dragons, ausquels il eût dû faire mettre piedà terre, & faire mcme attaquer les cinq bataillons que M. de Waldeck jetta derrière leshaies pour favoriser la retraite de sa cavalerie ; mais ces dragons demeurèrent là fans rien6ire , comme je l’ai dit, parce que l’on voit il y a longtems qu’on ne connoît plusl’ufage de cette arme.

Comme on n’a que peu ou point écrit des combats de cavalerie , que nous n’avonsqu’une feule méthode dans l’art de la ranger, & que nous ignorons l'avantage de l’en-trelalTer avec F infanterie, je vais faire voir encore par une autre disposition que le nom-hre des escadrons fait peu dans une plaine vaste & pelée autant qu’on voudra. Cet or-dre que je vais proposer est un peu plus profond , mais il n’est pas moins simple &moins rusé.' Je suppose toujours le petit nombre contre le grand.

Je marche à l’ennemi fur trois Colonnes A, B, C, & dans l’ordre fur lequel je veuxcombattre , comme on voit en D, & aux lignes ponctuées de la marche. Les Colon-nes des ailes A , C. à la distance de quatre escadrons , en ordre de combat , de celle ducentre B. L’ennemi E. est d’autant plus surpris de cette manœuvre, qu’il ne voit riension plus dans le dessein que l’on a en tête ; de forte qu’il se voit dans la nécessité d’at-mndre , & de ne rien changer dans fa disposition qu’il ne soit au fait de ce mouvement,& l’on verra qu’il n’est plus tems lorsque la manœuvre est faite. L’arriéregarde F , quifuit à la queue de la Colonne B , marchera à quarante pas derrière elle. Lorsqu’onsera arrivé à une certaine distance de l’ennemi, qui puisse permettre le mouvement queje me suis déterminé de faire, je fais faire halte à mes Colonnes. Celle de la droite A.fera un quart de conversion à droit, courant les lignes ponctuées G. Celle de la gau-che C. fera à gauche, & courra les lignes H, & toutes les deux fe mettront en batail-le dans Tordre K, L. La Colonne du centre fera révolution centrale, que les soldatsappellent le moulinet. Par ces trois mouvemens, que T ennemi ne peut connoître quelorsqu’il n’y sçauroit remédier, je l’attaque sur trois corps , & je le déborde à mes ailes.Je ne change rien de ma disposition précédente à T égard de mon infanterie, sinon queje flanque les ailes de mes trois corps d’un gros peloton de quarante grénadiers M , nidans la maniéré de la faire combattre. Il me suffit d’ensoncer & de pénétrer l’ennemi,^ de le séparer de ses ailes, pour ne rien craindre des escadrons qui font vis-à-vis desv uides N, que je laisse entre mes corps.

L’ordre oblique ou de biais est fans difficulté tout ce qu’on peut imaginer deplus rusé & de plus sçavant dans la tactique ; mais ces sortes de dispositions ne fontgueres à la portée des génies médiocres, outre que les armées de ce tems-ci ne fontpas exercées aux évolutions générales. On a cependant grand tort de ne les y pasExercer. 11 y a plus d’une maniéré de fe ranger. C’est pousser trop loin le respectP°ur la routine, que de s’en tenir à une feule méthode. Végéce fait un cas singu-ller de Tordre oblique , & Epaminondas, ce grand modèle qu’on ne peut trop imi-. ter > s’en est toujours servi , comme je l’ai remarqué dans mon Traité de la Co-lonne.

. L’oblique est la ressource des foibles, mais des très-foibles , Sc ce Grec le Fut tou-)°Urs , & f ut au ff toujours plus fort par son sçavoir. ZV 1 ontrose, cité si souvent, con-poissait cette ligne inspirée. II la pratiqua à la bataille d’Aberdon en 1644. Comme il^ tQ it toujours plus foible de deux tiers & au-delà que les ennemis, il avoit besoin d’u-er de beaucoup de ruse & d’artifice pour suppléer à sa Faiblesse, il fit voir dans tou-es les affaires qu’il eut, comme tous les grands Capitaines, la fausseté de cette maxime,tff Ê f^ US fi ran d nombre enferme le moindre & le surpaííe. Dans cette bataille il sor-^ une de ses ailes de tout ce qu’il avoit de brave & de vigoureux dans fa petite armée,r »me ir. Q. &