Band 
Tome IV.
Seite
122
JPEG-Download
 

, 12 . HISTOIRE DE POLYBE,

& refusa l’autre à son ennemi en rétrogradant ; & pendant que celui-ci avançoit pour lejoindre, il k trouvost tout d’un coup à son aile attaquée Cette ruse est d’autant plusadmirable , qu’on ne (,auvoit la parer. Pour la bien comprendre, je renvoie mon Lec-teur à I explication de !a bataille de Mantinée dans mon Traité de la Colonne , qui faitla tête de mon premier Tome.

§. IV.

Sentiment de fAuteur fur la cavalerie Espagnole. Ou'elle n a jamait connu- fa force.Preu i es que cette cavalerie ejl au-deffus de tout ce qu'on peut imaginer de fort & tle<violent . Que la cavalerie pesante ne fçauroit lui réfifier. Avantage de 1 épée Espa-gnole. Qu'il n'y a que la cavalerie Africaine qui puisse lui réfster & la battre , parl’avantage seul de fes armes.

M Ontécuculidit que si une épée a quelque force en elle-même, plusieurs épées join-tes ensemble en auront davantage, & que de deux poids il faut nécessairement quele fort emporte le soible. Cette maxime toute évidente quelle paroît ne Test pas entout à la guerre , elle n'est meme point vraie le plus ordinairement, lorsqu’un habilehomme se met en tête d’en faire voir la fausseté. Je suppose deux armées d’égale va-leur , d’une égale discipline , & rangées dans un égal avantage du terrain : Mais dansune telle disproportion , à l’égard du nombre, queTune des deux se trouvera plus soi-ble de deux tiers & au-delà ; il est certain que celui des deux Généraux qui fera le plussoible, mais le plus habile, vérifiera l’évidence de cette maxime qui lui est toute oppo-sée & qui n’a qu’une face, que ce n’est pas tant le nombre qui décide dans le combatque le courage , la bonne conduite & l'adresse du Général. Or cette adresse consiste àopposer un petit nombre d’épées à un très-grand nombre , & de faire ensorte qu’il nexn’en soit opposé qu’autant que j’en oppose à mon ennemi, & que toutes les autres de-meurent inutiles & fans effet, c’est ce que produit la science, & la hardiesse intrépided’un grand Capitaine, & la vérité de cette proposition git en faits, & ces faits sont in-finis dans l’Histoire î ils ne font pas moins en grand nombre à proportion dans ce quenous avons vû de nos jours, la race des grands hommes n’est pas périe peut-être. II nese peut faire , dit encore Montecuculi, qu en multipliant les agents, on ne multiplieles efforts, & par conséquent les effets. Cela est vrai dans la méchanique, mais il neTest pas toujours à la guerre: On ne fçauroit opposer à un escadron de quarante épéesde front dans un choc violent & impétueux que le même nombre d’épées, si ce qui dé-borde en delà n’a pas le tems de se replier sur le corps qui attaque • & qui pénétre parle poids de son choc, & passe outre. Car ce qui est ouvert une fois ne fe remet pasaisément, si un autre corps semblable suit de près celui qui a percé & qui acheve sou-vent ce que l’autre a commencé. La Colonne fait cet effet plus avantageusement qu’unescadron, dont la force n’est pas en lui-meme, lorsqu’il s’en trouve plusieurs qui peu-vent réparer la défaite du premier. Quatre bataillons rangez selon la méthode ordinairene battront jamais une Colonne d'un seul. Je veux qu’ils l’envelopent, ils ne lui op-poseront jamais en le joignant la baionette au bout du fusil , qu’autant de baionettesqu’il y en aura autour de la Colonne , tout le reste demeurera inutile. Qu’on prennebien carde ici qu’il ne s’agit que des combats à coup de main, où le feu n’a plus lieucar dans une action où les deux armées ne se joignent point, & où l’on se passe par se sarmes de part & d’autre , il est certain que mille fusils l’emporteront fur quatre centqui combattront de la forte contre les mille Dix mille hommes rangez en bataille sonttoujous assurez d'en battre vingt mille , si le Général se forme fur une oblique très-

rniutL