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Tome IV.
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LIVRE III. CHAP. XVI. 173

au long & au large & en différens endroits , pour chercher les routes pour la marchedes troupes & des Colonnes, des équipages & de l’artillerie. S’il y a des passages dif-ficiles & dangereux , on les marque avec des branches d’arbres, pour les éviter ou pourles combler avec des claies & des fascinages. S’il y a quelque ruisseau & des fossez',on comble ceux-ci, & on établit des ponts fur les autres.

A l’égard du fond, il importe de bien observer s’il est ferme , ou si ce n’est pas dafable mouvant, de la boue, ou une terre spongieuse qui fond fous nos pieds , pour peuqu’elle soit foulée, s’il y a beaucoup d’eau à certains endroits où l’onne puisse avoir pied :tout cela est aisé à reconnoître. Si Ton s’apperçoit après toutes ces épreuves que l’è ma-tais est praticable , on réglera Tordre de la marche selon T étendue du terrain fur lequell’on veut marcher. Si le fond est ferme par tout, on marchera fur le plus grand nom-bre de Colonnes qu’il fera possible ; observant d’avoir un bon nombre de travail-leurs à la tête de chaque Colonne , & que les soldats portent chacun une fasci-

ste & les cavaliers deux , pour les faire passer de main & main & s’en servir aubesoin.

On régie Tordre & la distribution des troupes dans la marche, non selon la nature dupaïs où Ton est , mais selon celle où Ton aborde à la sortie du marais. II me paraîtque le meilleur &r le plus sûr pour être préparé à tout événement , est de marcher, lesColonnes de cavalerie, d’infanterie & des équipages alternativement mêlées. Lorfqu’onkuarche fur ces principes , chaque arme se trouve soutenue par l’autre , & Ton est enétat de combattre rout en arrivant.

Si l’on craint que Tennemi, informé de notre marche , ne vienne se camper sur lëbord & à la sortie du marais , on doit détacher un corps de dragons & des compagniesde grenadiers avec des outils, de la poudre, des baies & des vivres. Ce corps marcheraavec une extrême diligence, pour se saisir du terrain sur le bord & à la sortie du marais,dont il fortifiera la tête.

, Les entreprises qui semblent les plus difficiles, & même impossibles, font celles quiréussissent ordinairement , parce qu’on ne peut s’imaginer qu’on ose les entreprendre.Ou ne s’en doute même pas, par la grandeur des obstacles. Je pourrais citer quelquessemples, dont THistoire ne manque pas. Il m’importe d’en donner quelqu’un. Car. Etant appliquez aux principes , ils ne laissent plus aucun doute à ceux qui cherchent às mstruire autant par les raisonnemens que par les faits.

L'entreprise fur les Isles de Scounen & deDuveìand en t 576. est célébré dans l’Hií-soire des guerres de Flandre. Strada, qui Ta décrite, eût mieux fait de s’en tenir à ceqss est essentiel I son Histoire , que de s’amuser à nous raconter des prodiges & desc boses incroiables , que nous abandonnons aux esprits crédules qui se paient de ces ma-c bines poétiques.

Les Espagnols s’étoient rendus maîtres d’une partie de la Hollande. Comme les Islestle puveland & de Scounen les resserraient extrêmement , ils songent à s’en rendre lesMaures. II falloit traverser un bras de mer de quatre milles d’étendue , capable de por-ter des vaisseaux dans la haute marée , mais qui ne laissoit qu’un marais dans la basse,S Ul . pouvoit se gaier en certains endroits pour aller à T Isle de Duveland. Ce cheming* presque impraticable, très-dangereux , & connu de peu de personnes. De cetteJ 1 e jusqu’à celle de Scounen, íl y avoit un autre bras, mais moins large & moins fa-

le T Ux que le premier.

Les Généraux Espagnols n’omettent aucune de ces sages précautions qu’òn peut re-j^ r der comme les gages assurez des bons succès. Ils firent reconnoître tous lés endroitsdiffi SS mara ’ s Ls plus praticables : on trouve un chemin qui ne laissoit pas que d’êtrec de.. C’étoit un fable mouvant, fur lequel il falloit passer à la course sans s’arrêter

Y ; u iv.