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Tome IV.
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LIVRE IIÎ. CHAP. XIX. r;5

Dieux en aient entre eux disputé la possession. Mais outre tous ces a-vantages, c’est encore un païs très-fort, Sc où il est très-difficile d’en-trer. D’un côté il est couvert par la mer, Sc tout le reste est fermé parde hautes montagnes, où l’on ne peut pénétrer, en venant des terres,que par trois gorges étroites Sc presque inaccessibles , l’une du côté desSamnites, l’autre du côté d’Eriban , Sc la troisième du côté des Hirpi-niens. Les Carthaginois campez dans cette partie de l’Italie , alloientde destus cc théâtre ou épouvanter tout le monde par une entreprise sihardie Sc si extraordinaire , ou rendre publique Sc manifeste la lâchetédes Romains, 6c faire voir qu’ils étoient absolument les maîtres de lacampagne.

Sur ces réflexions Annibal sortit du Samnium , Lc paflant le détroitdu mont Eriban, vint camper fur l’Athurnus , qui divise la Campanieen deux parties presque égaies ; il mit son camp du côté de Rome » Scfit faire le dégât par ses fourrageurs dans toute la plaine, fans que per-sonne s’y opposât. Fabius fut surpris de la hardiesse de ce Général,niais elle ne fit que raffermir dans fa première résolution. Minucius aucontraire Sc les autres Officiers subalternes, croiant avoir surpris l’enne-mi en lieu propre à lui donner bataille, étoient d’avis que l’on ne pou-voir faire trop de diligence pour le joindre dans la plaine , Sc sauverune si grande contrée de la fureur du soldat. Le Dictateur sit semblantd’être dans le même dessein , Sc d’avoir le même empressement ; maisquand il fut à Falerne , content de se faire voir au pied des montagnesSc de marcher à côté des ennemis , pour ne pas paroître leur abandon-ner la campagne, il ne voulut point avancer dans la plaine, Sc craignitde s’exposer à une bataille rangée, tant pour les raisons que nous avonsdéja vues , que parce que les Carthaginois étoient de beaucoup supé-rieurs en cavalerie.

Après qu’Annibal eut aísez tenté le Dictateur , & qu’il eut fait unbutin immense dans la Campanie, il décampa, pour ne point consumerles provisions qu’il avoit amassées , Sc pour les mettre en sûreté dansl’endroit où il prendroit ses quartiers d’hiver. Car ce n’étoit point aísezque son armée, pour le présent, ne manquât de rien, il vouloir qu’ellefût toujours dans l’abondance. ' II reprit le chemin par lequel il étoitVenu, chemin étroit, & où il étoit très-aiíë de l’inquiéter. Fabius, furta nouvelle dc fa marche , lui envoie au-devant quatre mille hommesPour lui couper le passage , avec ordre , si l’occasion s’en présentoir,de tirer avantage de l’heureusc situation de leur poste. II alla lui-mêmee sisuite, avec la plus grande partie de son armée, se placer fur la col-bne qui commandent les défilez. Les Carthaginois arrivent Sc campentdans la plaine au pied même des montagnes. Les Romains s’imagi-ttoient emporter d’emblée le butin , Sc même qu’aidez du lieu ilsPourroient terminer la guerre. Fabius ne pensoit plus qu’à voir

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