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Tome IV.
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LIVRE III. CHAP. XXII. 175

On mit sur le sommet une garde que l’on défendit d’un bon retran-chement , & l’on ne s’occupa plus que du foin de ehereher des quar-tiers d’hiver.

Au Printems suivant, on élut à Rome (a) pour Consuls Lucius Dicti- UXAbmilius Sc Caius Terentius, Lc les deux Dictateurs se démirent deà-cc-

(a) Au Vrintems suivant on élut à Rome pourConsuls Lucius JEmilius & Caius Terentius. JCes deux Consuls se rendirent célébrés par desendroits bien différens ; l’un brave , entendu ,a mi de Fabius , 8c très-capable de commanderu ne armée , se fit tuer à la journée de Cannes,pour n’avoir pas voulu survivre au malheur de sepatrie, dont il crut la perte aílurée ; l’autre, quihit lui seul la cause d’une ruine fi effroiable , parson ignorance dans un métier qu’il n’a jamaisseit, se conserve sein 8c entier, pour n’avoir pasdésespéré du salut de la République , disent gra-vement certains Historiens applaudis des sots. Jefie sçai s’ils inventèrent cette excuse impertinen-te pour couvrir la lâcheté du Consul, Lc se fuitePrécipitée. Quoiqu’il en soit , cette façon dejustifier l’indigne conduite d’un homme paslà,îc passe encore pour très-íolide : on y renfermedu grand, Aîmilius étoit de famille patricienne8c des meilleures de Rome , 8c Terentius Varroétoit un homme de la lie du peuple , qui de lacondition de fils de boucher fit un tel bond parses intrigues , par son babil 8c par ses fanfarona-des, qu’il seuta à celle de Consul. Ce Consul-iìRembarrasse plus qu’aucun autre de ceux qui sesent elevez à ce grade éminent de la Républi-S u e '■ car cette profession de boucher me choquefurieusement , même dans un Consul de village,je reconnois ici , plus qu’en aucun autre en-droit de cet Ouvrage , mon ignorance dans l’é-sede de l’antiquité , à l’égard d’une question quise présente fur ce Consulat. J’ai consulté biendes Sçavans , Lc aucun ne l’a pû bien résoudre.Je me luis souvenu que M. le Clerc en avoirParlé quelque part. J’ai trouvé le pastàge , voicique c’est.

On demande fi ceux quifaifoient des métiers for-ces étoient Citoiens Romains, il semble , dit cethomme célébré , que Denis d’Halicarnajse le nies^aìs Sìgonius , dans son Ouvrage du droit des Ct-fts Romains , montre le contraire ; quoiqu’on* e ùt p as accoutumé d’enrôler cette espece de gens,tf tr ce qu'on ne les jugeait pas propres a la guerre ,

' 1 ne laijsoient pas d'étre libres & Citoiens. Qu’onPermette ici de dire que Sigonius se trompe.°urquoi ne seroient-ils pas propres pour laj erre , 8c particulièrement les bouchers > qu’on^fiiarque meilleurs soldats que les autres ? OnCç enr ûloit , 8t Polybe le dit formellement , questui n’avoient qu’un certain bien : les plusî>ìu Vre - S àoient jettes dans les Velittes , 8c less riches dans les pesamment armet, Marius

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même, continue M. le Clerc, en enrôla plusieurs mci ^qu’il mit dans les légions Romaines , où il n'en- a ux(-ol,-troit que des Citoiens. II cite pour preuve Te-rentius Varro, qui avoit été fils d’un boucher, 8cqui avoit fait le même negoce que son père:

Marc. Scaurus , qui parvint au Consulat 8c à laCensore , quoique fils d’un vendeur de charbon.

Le grand-pére d’Auguste n’est pas oublié, il avoitété banquier ; 8c Publius Ventidius monta à cegrade , bien qu’il eût été muletier. Ces quatrederniers ne prouvent rien , 8c Publius Ventidiushonora le Consulat par ses vertus militaires 8c sesbelles actions dans un tems où il n’y en avoitplus dans la République. Elle étoit tombée dansun tel état de corruption , qu’on ne peut rienimaginer de semblable , ni lire sens indignationtout ce que les Historiens nous apprennent desvices , de la scélératesse 8c de la tyrannie desGrands de Rome.

La solution de la question proposée ne dépendpas de ces Consolais. II faudroit remonter plushaut, 8c prendre la République dans íà fient plu-tôt que dans son état de flétrissure. 11 n’y a quel’exemple du fils de boucher qui puisse me per-suader > que ceux qui faiíòient des métiers sordi-des comme les autres étoient Citoiens Romains,

8c en droit de monter aux honneurs les plus éle-vez. de la République , 8c je sois de l'avis de M.le Clerc , comme de tous ceux qui embrassentson sentiment, que la République Romaine étoittoute populaire. L'on a très-grande raison decroire que cette sorte de Gouvernement fut lacause de se ruine 8c de se décadence, 8c qu’il fal-loir enfin qu’il devînt la proie d’un seul Je con-viens avec lui que celui de Venise, mêlé du Gou-vernement Aristocratique Lc du Démocratique,est plus parfait, puisqu’il a pû se conserver treizeà quatorze siécles fans avoir été sujet à de gran-des séditions ; mais ^Inquisition d Etat est siterrible, qu’on ne peut pas dire que les grands 8cles petits, Lc le Doge lui-même , qui est uneombre de Roi , puissent se dire véritablement li-bres. ]e ne vois rien de plus .parfait que celui deHollande ; mais comme il semble que le luxevoudroit s’y introduire , Lc qu’il est à craindreque les vices de leurs voisins ne s’y fa fient uneentrée , il est très-difficile que les Hollandois nedégénèrent un jour de la vertu de leurs ancêtres.

La paix, qui introduit les richesses dans une Ré-publique fondée sor le commerce , donne entréeaux plaisirs de la vie : on s’y lai fie aisément aller,loríque rien ne manque pour les satisfaire. La

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