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leur charge. Les deux Consuls précédens » fçavoir Cn. Servitius ScMarcus Régulus, succeílèur de Flaminius dans cette dignité, envoi ez
à l’ar-
continuation ne rend pas la choie plus granded'abord; mais comme elle augmente par de fai-bles accroifsemens, on n'y prend garde que lors-qu'il est besoin d’en venir à des opérations vio-lentes , très - dangereuses dans un peuple libre.Rome put-elle jamais réformer le luxe 8c l’inso-lence de ses Citoiens , & les faire revenir à l’an-cienne frugalité , ou les en rapprocher ? Lesremèdes firent d'autant moins d’effet, que le malavoit gagné les parties nobles de i’Etat, c’est-a-dire le Sénat ; parce qu’il s’étoit accru insensible-ment St peu à peu. Cela me fait souvenir d’unebelle maxime de Plutarque, que je recommandeà l’attention de mes Lecteurs, ct qui va m’enga-ger à une digression importante. Il ne fàut ja-mais regarder comme petit , dit-il , le commence-ment d’une affaire cpue la continuation ne rend pasd’abord tres-grande , xA- qui du mépris qu’on en faittire tout le loisir de s’accraître , & l’avantage dene trouver enfin aucun obstacle ni empêchement .J’ai cité , si je nc me trompe , cette maximequelque part ; mais pour un tout autre sujet : ellevient ici fort à propos.
Combien de Roiaumes , de Républiques 8c degrands Empires ont reconnu > par une triste ex-périence , la vérité de cette réflexion de l’AuteurGrec ! Sans remonter plus haut que de trois censans ou environ , la révolution qui arriva dans leJapon est quelque chose de si surprenant, qu’elletient presque du prodige. Jusques ici l’Histoirene nous a rien appris de semblable. Mais commele monde n’est pas íì près de finir , il ne faut pascroire que pareil événement ne puisse arriver unjour en Europe.
Le Japon , qu’on nous représente si petit, est' plus grand qu’on ne pense : ce n’est point uneIsle, mais un continent. * II formoit autrefoissoixante-six Roiaumes, gouvernez par différensPrinces. Le plus puissant, ou le plus heureux,a englouti tous les autres. Yédo est aujourd’hui1a Capitale de ce vaste Empire. La religion deces peuples 8c leurs Dieux , sont tout ce qu’onpeut imaginer de plus fou 8t de plus déplorable.Je conclus de là que la superstition doit être làcomme dans son centre. Le nombre des Bonzesest si grand , que cela est à peine concevable : jene sçai s’ìls sont austì puiísens, aussi riches & aulssredoutables aujourd’hui qusils l’étoient autrefois.Ils ont une espèce de Grand-Prêtre ou de Chefde leur religion , qu’ils appellent Dairo , auquelils sont religieusement soumis. Le culte super-stitieux qu’ils lui rendent , Sc les peuplés à leur
* Mem- de la Compagnie des Indes Orient, desTrovinces-Unies vers l E/np. du ffapon , pag. 73,
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imitation , n’est guéres différent de celui qu’ilsmarquent pour leurs Dieux. Ces Dairos ont eteautrefois les Monarques de tout le Japon.usurpèrent le trône par les intrigues d’un ordrede Bonzes venus du côté de la Corée , 8c q UIleur facilita le moien de soumettre toutes l esPuiísences de ce grand Empire, où ils régnèrentlongtems. Avant cette grande révolution , il n "javoit que les Princes du sang ou les enfans desRois qui pussent succéder au Dairo. Mais aprèsla mort du premier , ces Bonzes ambitieux élrvêtent leur Chef à cette haute dignité ; ce quidéplut extrêmement aux peuples & aux Grandsdu Roiaume , qui avoient donné le branle á un sigrand changement. Jamais les peuples ne forentplus heureux que sous se gouvernement de cesRois Bonzes. La justice , l’équité , l’amour deleurs peuples, la douceur de leur gouvernement,eurent leur plus grand éclat pendant trois ou qua-tre Dairos : peu à peu ces vertus s’affoiblirentdans leurs successeurs , de telle sorte qu’on n’enreconnut plus aucune trace. Leur tyrannie sur-passa en peu de rems celle des plus médians Prin-ces. Les Bonzes ne se signalèrent pas moins da°stoutes sortes de vices Sc de cruautez que seutChef : c’étoient autant de tyrans répandus da0 sses villes 8c dans la campagne. Ces horreifr*aliénèrent les esprits des peuples 8c des Grands-Un Prince , qui restoit encore du sang Rois!'forma une si puissante cabale , qu’il souleva toutl’Empire contre eux , 8c une seconde révolutionrenverse les Dairos du trône , 8e les remit àì° Sleur état naturel ; 8c ses Bonzes , comme se ulChef, retournèrent dans leur retraite, encore n ’frestérent-íls pas longtems. Car aiant conjuré u» eseconde fois fous le régné de Nobunanage ,trouvèrent les peuples un peu moins dispo ieien leur faveur ; ils furent battus de toutes par fS ’8t d’une maniéré n complette, qu’ils perir eíltprelque tous.
On ne peut lire fans une extrême surprise - 01même sens admiration, les causes de la premier?révolution. On en volt quelque chose dans i’Bu-toire des Ambassades des Hollandois dans le fapof 1 ’mais l’Auteur manuscrit que j’ai lû dans la m'jbliothéque de Lunden , qui étoit de cette A® 1 "bassade , 8c qui a resté longtems dans le p al J’beaucoup mieux informé, est entré dans un tresgrand détail de cet événement. II dit qp enouveaux Bonzes se multiplièrent prodiA>cu ement, 8c s’établirent dans toutes ses villes adivers Etats du Japon , où ils se firent foìiwpar leur zélé ardent pour la religion du pais ,la segesse de leur conduite. Le dernier Roi ^détrônèrent les avoit toufours favorisez, ainsi fl
■” ■ &leur avoit
pro-
tons ses prédécesseurs avoient fait