r,S HISTOIRE DE POLYBE,
hauteur & de ion camp. II étoit alors aisé à Fabius de détacher une partie de son ar-mée , qui eût pû tomber sur le camp ou sur les derrières de ceux qui défendoient lecoteau, pendant qu’avec le reste il eût marché au secours de Minucius.
CHAPITRE XXIII.
Annibal s'empare de la citadelle de Cannes , & réduit les Romainsà la nécessité de combattre. Préparatifs pour cette bataille.Harangues de part & d'autre pour disposer les troupes d uneadiìon décisive.
L E s deux armées passèrent ainsi Phiver 8c tout le printems à se cô-toies l’une Pautre. Le tems de la moislon venu, Annibal décam-pe de Géranium , & pour mettre les ennemis dans la nécessité decombattre , il s’empara de la citadelle de Cannes , où les Romainsavoient enfermé les vivres 8c autres munitions qu’ils avoient apportéesde Canusium , Sc d’où ils tiraient leurs convois. Cette ville avoit étéentièrement détruite l’année précédente. Annibal, par la prise de cetteplace, jetta Parmée Romaine dans un embarras très-grand. Outre qu’ilétoit maître des vivres , il se voioit dans un poste qui par fa situationcommandoit íùr toute la contrée. Les Proconsuls dépêchèrent à Romecourriers fur courriers , 8c mandèrent que , fans être obligez de com-battre , il n’étoit plus possible d’approcher de l’ennemi • que tout lepais étoit ruiné ; que les Alliez étoient en suspens , 8c attendoient avecimpatience à quoi Pon se déterminerait ; qu’on leur fit fçavoir au plu-tôt ce que Pon jugeoit à propos qu’ils fissent. L’avis du Sénat fut delivrer la bataille. Mais on écrivit à Servilius de suspendre encore, 8cPon envoia ./Emilius pour la donner. Tout le monde jetta les yeuxfur ce Consul ; personne ne parut plus capable d’exécuter avec succèsune si grande entreprise. Une vie constamment vertueuse, Scies grandsservices qu’il avoit rendus à la République quelques années auparavantdans la guerre contre les Illyriens, réunirent tous les suffrages en íà fa-veur. On fit encore dans cette occasion ce qui ne s’étoit pas encorefait, on composa Parmée de huit légions , chacune de cinq mille hom-mes , fans les Alliez.
p répara- Car , comme nous avons déja dit , les Romains ne lèvent jamais
k bataii- 1 " st ue C l uatre légions , dont chacune est d’environ quatre mille hommesk. 8c de deux cens chevaux. Ce n’est que dans les conjonctures les plusimportantes qu’ils y mettent cinq mille des uns 8c trois cens des autres.Pour les troupes des Alliez, leur infanterie est égaie à celle des légions -,
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