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sans honte ignorer toutes les autres sciences ; mais ils ne peuvent nirefuser Rapprendre à chanter , parce que les loix les y obligent ; ms’en défendre íbus prétexte de le íçavoir, parce qu ils croiraient par-lase déshonorer. Ces petits combats donnez chaque annee au son desfluttes selon les réglés de la guerre, Sc ces danses faites aux épens dupublic , ont encore une autre utilité : c’est que par-là les jeunes gensfont connoître à leurs Concitoiens dequoi ils sont capables.
Je ne puis me persuader que nos pères par cette institution n aienteu en vue que l’amusement Sc le plaisir des Arcadiens. C est parcequ'ils avoient étudié leur naturel, Sc qu’ils voioient que leur vie dure& laborieuse avoir besoin d’être adoucie par quelque exercice agréable.1/austérité des mœurs de ce peuple fut encore une autre raison : dcraucqui lui vient de Pair froid ôc triste qu’il respire dans la plupart des en-droits de cette province. Car nos inclinations pour l’ordinaire sontconformes à l’air qui nous environne. C’est de là qu’on volt dans lesnations différentes & éloignées les unes des autres une fi grande va-riété non seulement de coutumes, de visages Sc de couleurs, mais en-core d’inclinations. Ce fut donc pour adoucir St tempérer la dureté& la férocité des Arcadiens , qu’ils introduisirent les chansons & lesdanses , & qu’ils établirent outre cela des Assemblées & des sacrificespublics tant pour les hommes que pour les femmes , & des chœursd’enfans de l’un St de l’autre sexe. En un mot ils mirent tout en usa-ge pour cultiver les mœurs Sc humaniser le caractère intraitable deleurs Concitoiens.
Les Cynéthéens avoient plus besoin que personne de cc secours ;Pair qu’ils respirent & le terrain qu’ils occupent, sont les plus disgra-cieux de toute l’Arcadie. Pour avoir tout-à-fait négligé cet art , ilspassèrent bientôt des querelles & des contestations à une si grande fé-rocité, qu’il n’y a point de canton dans la Gréce , où il se soit com-mis des désordres plus grands Sc plus continuels. Enfin ils étoient de-venus si odieux au reste de l’Arcadie, qu’après le carnage que nous a-Vons rapporté, lorsqu’ils envolèrent des Députez à Lacédémone, danstoutes les villes d’Arcadie où ceux-ci paíîerent , on leur fit aussitôtdire par un Héraut qu’ils se retirassent. On fit plus à Mantinée. Cardès qu’ils furent sortis, les habitans se purifièrent, Sc portant des vic-times firent des processions autour de la ville Sc du terroir.
Tout ceci soit dit pour justifier les mœurs Sc les usages des Arca-diens , pour faire voir à ce peuple que ce n’est pas fans raison que^exercice de la Musique y a été établi , Sc pour les porter à ne le ja-Jais négliger. Je souhaite aussi que les Cynéthéens profitent de cettedl g r estìon, St qu’avec l’aide des Dieux , ils se tournent à tout ce quipeut apprivoiser leur caractère, & surtout à la Musique. C’est le seulmoien qu’ils aient pour se défaire de cet esprit sauvage Sc féroce qu’ils
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