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Tome V.
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zT HISTOIRE DE POL'YBE,

aroient dans ce tems-là. En voilà assez fur les Cynéthéens. Je ré*viens à la fuite de l’Histoire.

observations

Sur la Musique.

§. r.

pttffiûK qudveknt les Orées & les Romains pour là Musique. Effets qiïils attri-buaient à cette science.

L A digression de Polybe fur cette Loí rigoureuse des Arcadiens, qui obligeoit lesenfans & les jeunes hommes jusqu’à l'âge de trente ans d'étudier perpétuellementla Musique * & à jouer des instrumens , me paraît fort singulière. „ Ils croienti> pouvoir fans honte ignorer toutes les autres sciences, dit mon Auteur ; mais ils ne,» peuvent ni refuser d'apprendre à chanter, parce que les loix les y obligent j ni s’en,, défendre fous prétexte de le fçavoir, parce qu’ils croiraient par-là fe déshonorer.

J’aurois souhaité que l’Historien Grec eût été un peu moins sérieux sur cet arti-cle. II le traite aussi gravement qu’il sait ailleurs les loix les plus sages d’Athènes &de Rome. Cela me ferait croire qu’il possédoit parfaitement la science musicale , &qu’il n’avoit pas moins de goût pour celle-ci que pour les autres. C’est dommageque Dom Thuillier n’ait pas pris garde à cet endroit-là de son texte, il aurait pensétout comme je fais, que Polybe fçavoit la Musique & jouoit de quelque instrument,& n’eût pas manqué de l’inferer dans la belle Vie qu’il a faite de son Auteur. Il àgrand tort de ne l’avoir pas fait , il mérite réprimende : car on ne fçauroit releverplus dignement 8r avec tant d'érudition l’excellence de ce bel art , & faire connoîtreson grand pouvoir fur les moeurs pour les réprimer & les adoucir , que d’en parlercomme il fait : il faut le posséder à fond & dans toute son étendue. Voilà donc unéRépublique réelle & existante, & non chimérique comme celle de Platon , qui in-troduit aussi l’harmonie dans la sienne, & la feule du monde entier, composée toutede Musiciens grands & petits, & fans doute que les femmes avoient des Maîtres quileur apprenoient à chanter avec méthode ; & comme la danse est toujours compagnedu chant & des instrumens, car mon Auteur ne l’oublie pas , il devoir y avoir aussides gens de cette profession comme de l’autre. Il est hors de doute que les Profes-seurs de cette volée, Musiciens & Maîtres de danse, étoient en grande estime dans laRépublique Arcadienne. II y a tout lieu de croire qu’ils étoient comme aujourd’huigens à bonne fortune. Voilà de toutes les Républiques de l’univers la plus heureuse& la plus gaie : car où est-ce que la passion de la Musique ne les menoit pas ? Amille autres plaisirs très-agréables. Le moien que f amour ne se mît de la partie avectous ses rafinemens, toutes ses peines & toutes sc s joies ?

II ne se peut que dans une République toute musicale, la Poésie n’y fût cultivée,’Sc en aussi grande recommandation que la musique Sc la danse. Polybe ne le dit pasformellement, mais rarement ces trois qualifez font divorce, du moins les deux pre-mières. Ne doutons pas un seul instant que la loi qui obligeoit d’étudier la Musi-que