4<r HISTOIRE DE POLYBE,
Poëme Epique- Pas tant que l’on diroit bien, s’il est vrai ce que certain Auteur (a)rapporte aans un éioge de Claudin le jeune, U n des plus habiles Musiciens oui eûtparu depuis les Anciens, & qui vivoit en 1581. fous le régné d’Henri III. Ce Mu-cien avoit apparemment découvert le mode Phrygien, du moins il produisit les mê-mes effets dans un concert qu’on avoir préparé pour être chanté aux noces du Ducde Joieuse, ,, lequel comme on 1 estaient, dit / stateHY (b), sit mettre la main aux„ armes à un Gentilhomme qui étoit là préient, & qui commença à jurer tout haut,„ qu il lui étoit impossible de s’empecher de s’en aller battre contre quelqu un; &„ qu’alors on commença à chanter un autre air du mode sous Phrygien, c'étòit l e„ Lydien, qui le rendit tranquille comme auparavant: ce qui m’a été confirmé en-„ core depuis par quelques-uns qui y assistèrent. Ce Claudin, tout moderne qu’ilest, valoit bien Timothée. Voici un fait bien autrement surprenant d’un autre Mu-sicien qui valoit bien Claudin, qui produit deux airs avec des vertus semblables &même plus fortes. Je tire ce fait du Bénédictin Dom Calmet dans son Commen-taire de l’Ecriture sainte, & celui-ci remprunte d’Albert Crantzius, qui r-.pporte„ qu’Henri IV. Roi de Dannemarck aiant voulu faire l’expérience d’un Musi-„ cien , qui se vantoit de faire dormir & chagriner, de mettre en fureur ceux„ qu’il vouloit, éprouva r si bien son pouvoir qu’il tua de sa main quelques-uns„ de ses Courtisans, dans le transport où le chant du Musicien l’avoit mis
n est hors de doute que la Musique est venue d’Asie, & que les Grecs qui s’at-tnbuent tout n en lurent jamais les inventeurs. Le mode Phrygien & Lydien enest une bonne preuve. 11 ne faut donc pas être surpris si les anciens Hébreux s’yplaisoient si fort, puisque l’Lcriture elle-même nous la représente comme un artdivin par ses effets surnaturels. Les plus grands Prophètes n’ont souvent prophé-^tisé que par elle. Cela se remarque en plusieurs endroits de l’Ecriture. Les an-ciens Auteurs se seroient-ils donnez le mot pour nous tromper ? U s ei - 0 i t trop ri-dicule de le penser , bailleurs ce que les Livres saints en disent n'est pas disoutable. v 1
Elisée étant prié par le Roi Josaphat de lui découvrir quel seroit le succès d’u-ne entreprise contre les Moabites, ce Prophète demande qu’on lui amène un Mu-sicien pour exciter dans lui le même esprit de prophétie, & l’Esprit de Dieu dé-tend & opère sur lui. Ce qui est surnaturel, dira-t-on, ne prouve ri-n en saveurde la Musique: j’y consens; mais ce n’est que pour faire voir qu’il y a jqui font honneur à l’esprit humain , & ausquels Dieu se plaît & y ôtasse dïraions de fa toute-puissance, qui produisent des effets tout miraculeux Comprenom-nous les autres qui ne le sont pas? Sont-ils bien naturels? Car’on ne pnitrévoquer en doute qu’il y a des maladies dont on k délivre par le son & l’har-monie des voix & des instrumens de musique. Les Peintres & les mauvais Pré-dicateurs en remplissent tout le ciel.' Les vertus de la harpe de David fur la ma-ladie de Saisi, dont les Médecins ne trouvèrent que celle de l’harmonie, ne sontpas surnatuielles. ,, Les Docteurs Juifs , suivis de plusieurs Auteurs Chrétiens(dit Dom Calmet dans son Commentaire de l’Ecriture sainte,) „ veulent oue cet-„ te maladie ait été causée par la mélancolie & une bile noire enflammée- en sortequ’il étoit jsiutot hypocondriaque & frappé de manie, que véritablement possé-». dé: les frequens accès de cette maladie , les symptômes qui l’accompa^noient">> & les remèdes qu’on apportoit pour le soulager, sont d’assez bonnes preuves de
» ce
(a) Art us d’Amíry Comment, fur l* Vie d’Apollonius', (b) Buy. Dicl. Crit. Gondimal,