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Tome V.
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LIVRE IV. CHAR V/ 47

ce sentiment.Saint Chrysostome, (dit-il plus bas, en parlant de l’inCommo-

dké de Saiil, ) „ l’appelle une manie. U semble attribuer à sart de David, qat„ jouoit des instrumens en sa présence, le soulagement qu’il en recevoit.

Je l’avoue franchement , on ne peut lire sans étonnement les merveilleux effetsde la Musique non seulement dans les Anciens > mais encore dans ce que nos Au-teurs rapportent de certains Musiciens modernes. Si nous n'avions que les exem-ples des premiers, peut-être seroient-ils contestables; mais les derniers nous en four-nissent encore un bon nombre : chose surprenante que ces effers-là í Aussi voit-onque de toutes les sciences l’harmonique est la feule que Dieu ait élevée, annoblie,& souvent surnaturalisée, c’est-à-dire produit par elle des effets miraculeux. Ellen’êtoit pas moins fantisiée chez les Hébreux qu’elle Test aujourd’hui chez les Chré-tiens. Il y avoit toujours dans l’armée des Prêtres & des Lévites, dont une desprincipales occupations étoit de jouer des instrumens dans le Temple du Seigneur.

L’Auteur anonyme, qui a traité de k Musique des Anciens dans un petit Ouvra-ge tout plein d’érudition, nous donne la figure de tous leurs instrumens de musique.J en trouve un assez bon nombre; mais je n’en vois aucun qui approche des nôtres àP égard de l’harmonie. Avouons-le franchement, ils sentent assez le barbare, & je nepuis comprendre leurs effets miraculeux. Ceux des Modernes, en plus grand nom-bre encore, sont bien autrement capables de remuer les passions, de charmer les maux,& de les expulser fans retour, au grand préjudice des Apoticaires ou des cuisiniers dela Médecine. Je m’étanne que l’Auteur ait oublié le fouet, qui avoit rang parmiles instrumens de musique des Anciens. S’il avoit lû M. Voisins, toute l’éruditionmusicale se fût trouvée dans son Livre, ou peu s'en faut. C’est un péché cela. Carlorfqu’on s’embarque à traiter certaine matière, il faut la couler à fond autant qu’il fepeut, & remuer toutes les Bibliothèques. Voisins (a) dit donc que les fouets en-trerent dans ìe catalogue des instrumens musicaux des Anciens , & qu’ils avoient trou-vé le secret d’en tirer des tons Sí des sons harmonieux, sií qu’ils fe faisoient entendreparticulièrement dans les fêtes de Bacchus & de Cybéle, & que ceux qui les fai-foient claquer les remuoient avec une adresse surprenante. Il n’en demeure pas là, ilfait faire un bond à son érudition, & de l’antique il décend au moderne, & ditqu’encore aujourd’hui les Tartares qui habitent dans la Chine fe servent de longsfouets en guise de trompettes, & qu’ils en forment d’un seul coup trois sons diffé-tens & tres-bruians, de sorte que deux ou trois coups peuvent remplir toute la gam-me. Voilà des faits. En voici encora un autre.

Le meme Auteur allure qu’il y avoit un cocher à Maestricht, si excellent joueure ouet, qu’avec le sien il claquoit toutes sortes d’airs, & qu’un autre qui étoit de-puis peu arrivé en Angleterre, pour lui faire voir qu’il n’étoit pas le seul & unique011 e P cc ( 5 en Europe. faisoit merveille du sien à claquer toutes fortes d’airs.oua donc le rouet au nombre des instrumens musicaux. S’il y avoit beaucoup detes gens-la, je ne doute point qu ils n’eussent une place dans ? Opéra, supposé qu’onAgrandit l’orchestre de la moitié, & même an-dela.

í a ) C. V. Catul. ìn mm Ifac. VoJJìì.Observ, Lorul. 16ÌI4.

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