6o HISTOIRE DE POLYBE,
cavalerie & de l’infanterie étrangère pour la guerre dont ils étoicntmenacez de tous côtez -, Philippe partoit de Macédoine à la tête dedix mille Macédoniens pesamment armez & de cinq mille rondeliers.-& dans ce même rems, où l’on se difposoit par tout à prendre les ar-mes, les Rhodiens déclarèrent auíïì la guerre aux Bysantins. Voionspour quel sujet.
CH APITRE X.
!Description de Bysance.
B Ysance, par rapport à la mer, est de toutes les villes d u mon-de, celle où l’on peut vivre le plus en sûreté , Sc dans la plusgrande abondance de toutes choses : mais eû égard à la terre , c’estauíïì de toutes les villes celle où ces deux avantages se trouvent lemoins. Par rapport à la mer, située à Pè'etrée du Pont, elle le com-mande tellement, qu’aucun Marchand ne peut aborder, ni en sortirmalgré les Bysantins, qui par conséquent sont les maîtres de tout ceque ce riche & fertile pais produit Sc reçoit pour les nécessitez Sc lescommoditez de la vie: car pour les nécessitez de la vie, il produit lescuirs Sc un grand nombre de bons esclaves, & pour les commoditezle miel, Jacire, les viandes salées de toute espèce j & il reçoit de ceque nous avons de trop l’huile & toutes sortes de vins ; pour le bledtantôt il nous en fournit, tantôt nous en fourniíîôns, selon le besoin.11 falloit donc néceíïairement ou que les Grecs fussent privez de tou-tes ces choses, ou que le commerce leur en devînt inutile, si les By-santins leur vouloient du mal, ou s’ils se lioient d’intérêt avec les Ga-lates ou plutôt avec les Thraces, ou encore s’ils quittoient le pais.Car le détroit est si ferré, Sc les Barbares des environs en si grandnombre, qu’aíïùrément nous ne pourrions jamais le franchir , pourentrer dans le Pont. Je veux donc que les Bysantins soient les pre-miers à profiter des avantages que leur procure l’heureuse situation deleur ville, qu’ils puissent faire sortir tout ce qu’ils ont de trop,& faireentrer tout ce qui leur manque, fans peine ni péril. Comme cepen-dant on doit convenir que c’est à eux qu’on est redevable de bien deschoses, il est juste qu’on les regarde comme des bienfaiteurs com-muns , Sc que non seulement les Grecs aient de la reconnoiíïàn-cc , mais encore qu’ils leur prêtent du secours contre les insultes<les Barbares.
Mais arrêtons-nous un peu à la description de cette ville , Sc sai-son s