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Tome V.
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LIVRE IV. CHAP. XI. 67

•vent du Midi qui pousse vers le Pont, ou le vent du Nord qui enfait sortir, & soit qu’on vienne de Bysance à Calcédoine , ou qu’onaille de Calcédoine en Thrace, on ne peut pas éviter l'un ou l’autre:de ces vents. Mais après avoir expliqué les avantages que les Bysan-tins tirent du côté de la mer, voions les désavantagés auíquels ils sontexposez du coté de la terre.

D’une mer à l’autre ils sont environnez de la Thrace , 8c sont per-pétuellement en guerre avec les peuples de ce pais. Qu’apreS degrands préparatifs de guerre , ils obligent une fois les Thraces demettre bas les armes , le nombre d’hommes 8c de Souverains eft íigrand, qu’une victoire ne peut les dompter tous. Qu ils en aientvaincu un, trois plus puiflans viennent les attaquer jusques dans leurpais. En vain ils font des Traitez, & consentent de leur parer destributs. Ils ne peuvent rien accorder à un , que cela même ne leursuscite une guerre avec plusieurs autres. En un mot c’est une guerredont ils ne peuvent so délivrer, 8c qui leur coûte néanmoins beaucoupà soutenir. Car quoi de plus dangereux qu’un mauvais voisin , 8c ya-t-il guerre plus cruelle que celle que font les Barbares?

Outre ces guerres 8c les calamitez dont elles ont coutume d’être sui-vies , ils souffrent encore du côté de la terre une peine à peu près sem-blable à celle que souffre Tantale chez les Poètes. Quand ils ont biencultivé leurs terres, & qu’ils sont prêts de recueillir les beaux fruitsqu’elles portent, ces Barbares font une irruption, en gâtent une partie8c emportent i’autre, & ne laissent aux Bysantins que !e regret d’avoirtravaillé & dépensé beaucoup à mettre leurs terres en état de produirede belles moissons, qu’ils ont la douleur de voir enlever. Cette guerrecontinuelle avec les Thraces n’a pas empêché qu’ils n’aient toujoursgardé aux Grecs une exacte fidélité. Mais le comble de leur malheurfut la décente que firent les Gaulois dans leur pais fous la conduite deComontonus. Ces Gaulois étoient du nombre de ceux qui sous Bren-nus étoient sortis de leur pais, 8c qui s’étant échapez du péril dont ilsétoient menacez à Delphes, s’enfuirent vers l’Héleípont, où ils s’arrê-térent. Les voisinages de Bysance leur parurent fi charmans, qu ils nepensèrent point à passer en Asie. Ils se rendirent ensuite maîtres de laThrace-, 8c aiant établi le siège de leur Empire à Tyle , ils réduisirentles Bysantins aux dernières extrémitez. Dans la" première irruptionque fit Comontorius, le premier de leurs Rois, les Bysantins lui don-nèrent tantôt trois, tantôt cinq, tantôt dix mille pièces d’or, pourempêcher qu’il ne fit le dégât fur leurs terres. Enfin la somme allajusqu’à quatre-vingt talens par an, qu’ils paiérent jusqu’àla fin de cet-te Monarchie , laquelle arriva sous Cavarus. Les Gaulois tombèrenta eur sour sous la puissance des Thraces, qui ne firent quartier à au*CUn ' êc qui en éteignirent entièrement la race.

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