gs histoire de polybe,
dans la fuite qu’ils ne pouvoíent en prendre un meilleur. Rien n’étoit d* une plusgrande conséquence que de conserver ce poste, d'où l’on pouvoir continuellement har-celles les ennemis, & dont, tant qu’ils ne seroient point les maîtres, ils avoient tou-jours tout à craindre.
II ne s’étoit encore rien passé qui pût laisser aucun doute au Général de Tannée deT Empereur du succès de son entreprise. II étoit dans la ville , il s’étoit cantonnédans routes les places, il se voioit maître encore de deux portes, où il s’étoit puissam-ment fortifié , & la communication à ces portes étoit toute établie. II ne s’imagi-noit pas qu’il fût possible de l’en chasser, & que ce qui lui restoit à faire, pour êtremaître absolu de la ville , ne fût la chose du monde la plus aisée. II se trompa, &l’on verra que ces heureux commencemens furent suivis d’une foule de disgrâces,qui T obligèrent enfin d’abandonner son entreprise , & de se retirer honteuse-ment.
Ce ne sut qu’au grand jour que Talarme courut dans tous les quartiers de la ville,& que Ton commença à s’appercevoir qu’il n’y avoit encore rien de désespéré , quele péril n’étoit pas extrême, & qu’on se tireroit aisément d’affaire. Les soldats en ar-mes s’ameutoient de toutes parts, toutes les rues s en trouvoieni remplies ; & so di-
visant par pelotons de trente , quarante & cinquante hommes , se répandirent dansd’autres rues qui aboient aboutir aux deux places & à la grande rue qui coupoit laville en deux, & rompoit la communication d’une partie de la garnison avec T autre;mais tout cela ne fut pas capable de les décourager. Il y parut assez par leur résolu-tion : car s’étant partagez, comme je viens de le dire, en plusieurs pelotons, n’aianttous ensemble qu'une même volonté & un grand désir de combattre , ils cherchoientT ennemi & le chargeoient par tout où il paroissoit.
Cependant on ìgnoroit encore dans la ville l’avanture du Maréchal de Villeroi ; lesennemis étant maîtres du quartier où ce Général logeoit , il étoit difficile qu’on pûten avoir des nouvelles. Le Marquis de Saint-Geniez-Navailles , Officier de valeur& de mérite, & Tun de ses Aides de camp , des Mémoires duquel je tire une gran-de partie du détail de cette action mémorable ; Saint-Geniez , dis-je , s’étant biendouté que T ennemi étoit dans la ville , monte promtement à cheval pour se rendreauprès du Maréchal ; mais s’étant apperçû que toutes les avenues pour T aller joindreàoient fermées, il gagna du côté de la place Sabatine par des rues détournées ; l ors -qu’il apperçut un Officier , qui de fa fenêtre lui dit qu’il ne lui conseilloit pas de setrop presser , que Tennemi étoit maître de la ville , qu’il feroit sans doute beaucoupmieux de chercher un azyle , & que le moins qu’il lui pouvoít arriver étoit de sesiire prendre. Saint-Geniez trop brave pour écouter un avis de cette nature, & qu’ilne croioit pas vrai, puisqu’on tiroit encore en plusieurs endroits de la ville , laissa làTOfficier. A peine eut-il tourné la rue, qu’il rencontra le bataillon du régiment desVaisseaux, & le Chevalier d’Entragues à la tête. Ce bataillon ne saifoit guéres plu;de deux cens hommes ; mais en marchant â la place Sabatine, il grossit un peu pluspar la jonction de quelques Officiers & soldats de différens corps. Ce petit' secoursdétermina d’Etrangues à marcher à Tennemi. A peine y parut-il par la grande rue,qu’un gros escadron avec deux étendarts se présenta en face de sa troupe , aiant à dosla Maison de ville, à droite les portiques de la place, & a ía gauche le corps-de-gar-de, & tout cela garni d’infanterie.
L’Officier qui commandoit cet escadron ne branla point de son poste, il étoit tropbien épaulé : il salua même de T épée d’Entragues , qui avoit ordonné qu’on ne tirâtqu’à bout portant. D’Entragues s’en approcha de si près, qu’il complimenta cet es-cadron: Mejftsms les Tudefcjuts , diç-il, fiiez, les kkn vem» vous avex, m pu déran-
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