LIVRE IV. CHAP. XIII.
^ avancer sa cavalerie pour soutenir son infanterie; mais à peine s’en fut-elle appro-'àêe, que n0 s gens fondent fur celle-ci avec une telle fureur, & un feu si vif & 6Violent, qu'ils l'enfoncent, & rejettent cette infanterie fur la cavalerie, qui sévitelle-même attaquée & menée jusqu’au gros, oà l’on tâcha de se rallier. Toute cetteaffaire fut expédiée presque en un instant.
Le Baron de Merci, enragé d’avoir si mal réussi, tâche de guérir ses soldats de leurépouvante, & de les ramener au combat ; mais elle étoit trop grande pour espérer deAttaquer sur nouveaux frais. D’ailleurs le feu des nôtres augmentant toujours par lesnouveaux secours qui leur arrivoient à chaque moment, les ennemis se virent obligezde s’en éloigner, & de fe loger & se couvrir des maisons voisines de cette porte. Parce mouvement une partie des cazernes de notre cavalerie surent démasquées, & la bat-terie se trouvant abandonnée, nos gens tournèrent le canon fur les ennemis & contreles maisons où ils s’éroient logez ; ce qui ne seroit peut-être pas arrivé, si le Baronde Merci n’eût étc blessé très-dangereuscment dans cette action malheureuse, qui n’a-boutit par la fuite qu a un grand feu de part & d’autre, sens que les ennemis pen-sassent à rien de vigoureux.
II étoit d’une extrême conséquence à nos gens de se maintenir dans leur terrain,ils songent à s’y fortifier par des tonneaux & des charettes dont ils se couvrirent : carns s attendoient, ou ils dévoient raisonnablement s’attendre à une attaque plus vigou-reuse que la première. Ils s’y prirent de telle iorte, qu’en peu de tems ils fe virenten état de ne rien craindre.
Le Baron de Merci, hors de combat & chassé de son poste, en fait donner avisau Prince de Commerci, & lui apprend en même tems comment la chose s’étoit pas-sée , accuse tout net l’infanterie d’avoir manqué de courage en cette occasion ; mais lacavalerie en marqua-t-elle plus ? Et le Baron lui-même étoit-il net de tous défautsdans les mesures qu’il prit à l’attaque de cette porte? Ne tient-il qu’à tirailler contredes gens à couvert d’une batterie ? II falloit les aborder & les joindre, & ce n’est quepar cette façon de combattre qu’on peut espérer de réussir.. Ce qu’il y a de plus re-marquable dans ce qui se passa à cette porte, c’ess que les deux bataillons Irlandoisíaisoient à peine quatre cens hommes. Après faction ils s’apperçûrent qu’ils man-quoient d’Officiers, dont les uns étoient absents de leurs régimens, & les autres îo-Acr en différens endroits de la ville, ignorant encore ce qui se passoit à la portedu Pô.
Le Prince Eugène fut extrêmement surpris du mauvais succès de cette attaque , &du peu de résolution de ses troupes. II en connut bientôt les mauvaises suites, s’iln y remédioit sens retardement. 11 sentoit bien que s’il ne se rendoit maître de cetteporte, son entreprise échoueroit misérablement, & avec honte; outre que sa retraiten étoit pas la chose du monde la plus assurée. II crut l’affaire de si grande conséquen-ce, qu il ordonna au Prince de Commerci de s’y transporter incessamment, pourvoir a l’œil le parti qu il y auroit à prendre. Le Prince Thomas paroissoit alors deI autre côté du Pô. Le grand feu qu’il entendoit dans la place, sens qu’il parût per-sonne de l’autre côté du pont, lui firent beaucoup douter de l’événement de cetteentreprise. De l’autre côté le Prince Eugène n’étoit pas peu embarassé, ses troupesdu > ' ent de î a àc chassées de la Chapelle & de la maison du Prêtre, quoique la bontélâch^ 0 ^ 6 & ^ eur nombre les rendissent très-capables d’une plus forte résistance, leurtrouva nC f^oissoit P as concevable. Lorsqu’il sut arrivé à la porte da Pô, il ypar une n ° S ^ £nS ^ bien établis, qu’il vit assez qu’il y useroit inutilement ses troupesenvisage n ° Uve ^ e tentative. Dans un état si violent de doutes & d’incertitudes, ilb une ruse qu' il crut devoir lui réussir , puisqu'il ne pouvoir rien par la force.
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