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Tome V.
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LIVRE IV. CHAP. XIII. 11 j

■songer plutôt à s’établir le long du rempart Hue d’entrer dans la ville. Je ne puis"TO’empêcher de citer quelques exemples de ces sortes de faits.

Les Romains aiant assiégé Gamala, une des plus fortes places de la Judée, par l'a-vantage de fa situation, étant bâtie fur une colline qui s’élevoit du milieu d’une hautemontagne, poussèrent leurs travaux avec une telle diligence, que leurs machines fu-rent en peu de tems en état de ruiner la place & de faire une large brèche. Charez &Joféphe la défendoient. ,, Les Romains aiant fait brèche avec leur belier, donnèrent„ par trois endroits en même tems, & le bruit de leurs trompettes & de leurs armesa, fut encore augmenté par les cris des habitans. Les assiégez firent une très-grande„ résistance, jufqu’â ce que se trouvant accablez par le grand nombre de leurs enne-», mis, ils furent contraints de céder & de se retirer dans les lieux de la ville les plus„ élevez; mais les Romains les y poursuivant, ils fondirent sur eux, les renversèrents> & les tuoient dans ces rues étroites & si roides, qu'ils ne pouvoient y demeurer de,, pied ferme pour se défendre. Ils se j errèrent en foule pour se sauver dans les Mai-,, sons qui étoient au dessous : & comme elles étoient peu solidement bâties, un si,, grand poids les faisoit tomber ; elles en faisoient en tombant tomber encore d’autres,s, & celles-là d’autres ; & les Romains prenoient plutôt ce parti que de demeurer à9» découvert. Plusieurs surent accablez de la sorte, d’autres suffoquez par la pouffié-», re > d’autres estropiez, & il en périt ainsi un grand nombre. Les assiégez, qui»> voioient avec plaisir tomber leurs maisons, les pressoient de plus en plus pour lesj, contraindre de s’y jetter, & tuoient d'en haut à coups de traits ceux qui se lais-», soient tomber dans ces chemins si gliffans. Les ruines de ces bâtimens leur four-„ nissoient des pierres, les morts des armes ; & ils fe fer voient des épées de ceux qui,, respiraient encore pour achever de les tuer. Plusieurs Romains se tuoient en se„ jettant en bas, pour se sauver des maisons qu'ils voioient prêtes à tomber. Ceux„ qui pouvoient s’enfuir ne sçavoient où aller, à cause qu'ils ignoraient les chemins;„ & la poussière etoit si épaisse, que ne s’entrereconnoissant pas, ils se renversèrent,, les uns sur les autres. Que si quelques-uns étoient si heureux que de pouvoir s’é-„ chaper, ils serraient aussitôt de la ville.

Vespasien désespéré de voir que les affaires eussent tourné de la forte, après s’êtrevendu maître de la ville, se trouva bien empêché pour remédier à un si grand mal.pans un besoin si pressant, il crut devoir rallier ce qu'il avoit de gens dans un endroitelevé, où il fit ferme, se serrant avec le peu qu’il avoit de soldats, qui formèrent unetortue en se couvrant de leurs boucliers contre les traits que les assiégez leur lançoientd en haut. Une action si hardie retint l'ardeur impétueuse des Juifs, & la valeur deVespasien ralentit insen/ìblement leurs efforts , soit par admiration ou par lassitude.Lorsque ce Capitaine vit qii’on l’attaquoit plus mollement, il se retira feu a peu , er

ne tourna pomt le dos qu’après qu'il fut hors de la ville .Vespasien eut besoin d’u-

ne harangue pour ranimer ses troupes étonnées: car les Juifs aiant regagné la breche,s’y étoient remparez de telle sorte, qu 'il fallut élever de nouvelles plates-formes & denouvelles batteries pour recommencer sor nouveaux frais. Cette patience des Romainsétonna tellement les assiégez, que la plûpart des habitans s’enfuirent par des vallées,ss>nt l’âpreté avoit empêché les Romains de poster du monde en ces endroits, qu’ils1 1IT1 aginoient impratiquables. Le reste tint bon ; mais une tour aiant été renversée,c C g domains entrèrent une seconde fois dans la ville fans trouver la moindre résistan-plus ^ ^ surprise des assiégez, qui se retirèrent dans le château, qui ne pouvantaucuiv*'^ contre ^ 8S efforts des Romains, ceux qui s’y étoient retirez ne votantdu bT gérance contre un ennemi qui ne respirait que la vengeance, se précipitèrent

rx k as ^ es rochers avec leurs femmes & leurs enfans.i ome y , p Les