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livre
CHAP. XIV.
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la valeur la plus obstinée, & rien ne fait voir davantage I a vérité de cette maxime,que les succès d’une guerre dépendent bien moins du nombre & dn courage des trou-pes , que de l'habileté du Général & de la confiance qu’elles ont en lui. Car enfinAlexandre attaqua les Perses à la tête de tout ce qu’il avoit de forces. L'infanterie deMemnon ne combattit point, quoiqu’elle fût très-bien postée. Plutarque nous allu-re qu’elle s’enfuit. Je le croirais assez, bien qu’Arrien dise le contraire. II prétendqu’elle étoit composée en partie des Grecs qui étoient à la solde de Darius, & queceux-ci se voiant abandonnez se retirèrent en un lieu avantageux , où ils se ren-dirent.
II y a ici quelques observations à faire. La disposition des troupes de Memnon estremarquable, & digne d’être observée. Comme il y avoit une hauteur qui s'élevoitle long & fort près des bords de la rivière vis-à-vis du gué, laifïànt pourtant un espa-ce de terrain a fiez large pour y placer une ligne de cavalerie, Memnon y posta lasienne, & sur le haut on voioit son infanterie en bataille pour lui servir qe secondeligne, les rangs s’élevant les uns fur les autres comme en amphithéâtre, & cette hau-teur découvrait & dominoit de fort près le gué : de forte que ceux d’en haut pou-voient tirer par dessus la tête de ceux de leur première ligne. Voilà un avantage quin’est pas peu considérable. On en peut juger par la description que l’Historien Grecnous en donne. Cette situation est assez semblable à celle de nôtre droite à Hoog-stedt.
Memnon n’avoit garde d'attendre qu’il eût passé un certain nombre de Macédo-niens pour les charger & les culbuter dans la rivière. II connoiíïòit trop bien lestroupes ausquelles il avoit affaire, il falloit les attaquer dès l’abord ; ce qu’il ne man-qua pas de faire. Alexandre, qui l’avoít prévu, trouva la choie de si grande impor-tance, qu’il se mit lui-même à la tête de sa cavalerie pour l'animer par son exemple,& augmenter l’ardeur de ses troupes, qui se jettérent à l’eau de toutes parts. Maisil fit paílèr auparavant un corps d'infanterie , soutenu d’un autre de cavalerie. LaValeur de ses troupes n’etoit pas ce qu’il opposa de plus redoutable pour la victoire, ilparait assez que les Perses ne leur cédoient pas de ce côté-là, maïs l’avantage de sesarmes, comme le dit Arrien. Les Perses ne combaftoient qu'avec l’épée & le dard ,au lieu que les Macédoniens leur oppofoient des armes fortes & de longueur. Ajou-tez à cela l’infanterie légére entremêlée parmi leur infanterie, selon la coutume desGrecs. Faut - il s’étonner après cela si les Perses furent battus ? Car ils eurent en mê-me tems à se défendre contre la cavalerie & l’insanterie mêlées- ensemble & la phalan-ge , qui passa en même tems que la cavalerie. Arrien n’a que faire de nous dire quees A Perles avoient vingt mille chevaux & à peu près autant d’infanterie. II avoue lui-meme que celle-ci ne fit rien, & l’on peut dire que toute l’armée d’Alexandre, quifaifoit au moins quarante mille hommes des meilleures troupes du monde, attaquavingt mille chevaux. Memnon eut grand tort de ne pas faire charger son infanterie,apparemment qu il s en defioit. Cela prouve combien les armes de longueur dans cesfortes d’actions, comme dans toutes les autres, sont nécessaires & avantageuses. Quanta Vordre dans le combat, je n’en connois point d’autre que celui d’attaquer par co-lonnes.
" La plûpart des questions, dit M. Nicole dans la Préface de ses Préjugez légití-” , ” ne se doivent décider, que par la comparaison des raisons ou des faits de
” ceí & d’autre, & c’est presque toujours être téméraire que de se déterminer furP art L J e dis ceci & ce qui va suivre par une espèce de digressionqui repr, aU j a P as P e * ne > j e m’assûre, à me pardonner, & c’est à propos d’une disputeo e depuis longtems fur la préférence d’Alexandre le Grand fur César. Le parti
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