i 5 <r HISTOIRE DE'POLYBE,
une ville ancienne d’Arcadie dans l’Azanide. Par rapport au Pélopo-nèse en général, elle est au milieu $ mais par rapport à l’Arcadie, Pso-phis est dans la partie Occidentale, Sc joint presque de ce côté-là lesfrontières d’Achaïe. Elle commande avantageusement les Eléens, avec.qui elle ne faisoit alors qu’une même République. Philippe campa furdes hauteurs qui font vis-à-vis de la ville, Sc d’où l’on a vûe non seu-lement fur la place, mais encore fur les lieux circonvoisins. II fut fra-pé de la forte situation de cette ville, & ne sçavoit quel parti prendre.Du côté d’Occident elle est fermée par un torrent impétueux, qui tom-bant des hauteurs voisines s’est fait en peu de tems un lit fort large,où l’on ne trouve pas de gué la plus grande partie de l’hiver, & quipar-là rend cette ville presque inaccessible & imprenable : l’Erymanthela couvre du côté d’Orient, fleuve grand & rapide, Sc dont on comp-te une infinité d’histoires. Du côté du Midi le torrent sc jette dansl’Erymanthe, ce qui fait comme trois fleuves qui couvrent trois facesde cette ville. Enfin au Septentrion s’éleve une colline fortifiée & bienfermée de murailles, laquelle tient lieu d’une bonne & forte citadelle.Toute la ville étoit entourée de murailles hautes Sc bien bâties, Sc il yavoit une garnison de la part des Eléens , Sc que commandoit Euripi-das qui s’y étoit retiré.
OBSERVATIONS
Sur la déroute des Eléens dans les détroits du mont Apeaure.
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Réflexions fur lot conduite d’Euripidas. Exemples de plusieurs grands Capitaines qui Vontimité dans fa lâcheté.
N Otre Auteur manque ici d’éxactitude dans le plus essentiel de l’événementqu’il rapporte. Cette faute n’est pas excusable dans un Historien militaire, &de son poids. N’eût-il pas mieux fait, en nous apprenant le dessein d’Euripidas, denous donner une description du pais qui pût nous faire voir qu’il s’étoit embarquédans un mauvais pas dans ces détroits de montagnes fans aucune espérance d'en pouvoirsortir ì Car si le but des Eléens étoit d’embarasser le passage de ces montagnes, &d’empêcher que l’ennemi n’y pénétrât, pourquoi ne pas nous dire si effectivement ilsétoient arrivez fur les lieux, ou s'ils furent coupez dans leur marche par 1 armee dePhilippe, & acculez dans ces rochers, où il n’y avoit point d’issue ? Si l’Historiennous avoit mis au fait de toutes ces choses, nous serions délivrez d’un grand embar-ras pour éclaircir toute cette affaire. H E pourroit auffi que Philippe, averti qu’ihcroient maîtres du défilé, & qu’ils ne s’étoient pas précautionnez fur leurs derrières,comme firent le§ soldats rebelles d’Afrique contre Amilcar dans le détroit de la Ha-