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LIVRE IV. CHAP. XV.
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Le Général Banier, un des plus grands hommes de son siécle, est atteint & con-vaincu dans l’Histoire d’avoir donné dans la passion d’amour au-delà des bornes rai-sonnables; mais elle n’étouffa jamais en lui tous les sentimens de l’honneur, commecela se voit dans Antoine, & ne lui fit d’autre mal que de lui avoir fait manquerde bons coups par fa négligence ; il perdit quelque peu de l’estime de ses soldats ;Mais il la recouvra bientôt par fa valeur : car quelque forte que soit la paillon del’amour , on en guérit cependant. Cette passion est en quelque maniéré excusable ;Mais un lâche demeure tel toute fa vie,à moins qu'il ne se fasse une irruption fu-rieuse du tempérament qui bouleverse toute la machine; ce qui est un prodige plu-tôt qu’une preuve qu’on en peut guérir. C’est pour cela que je trouve factiond’Andronique l’Ange plus honteuse que celle de Marc-Antoine. Voici l’exempletel que Nicetas (a) le rapporte dans le Président Cousin.
,, L’Empereur Manuel Comnéne aiant donné des troupes à Andronique l’Ange
& à Manuel Cantacuzéne, dit frimeur, pour attaquer les Turcs de Carace, I’ex-,, pédition n’en fut pas heureuse. Carace est entre Lampis & Graofgala : Andro-,, nique aiant laissé son bagage à cette dernière ville, attaqua Carace ; mais y aiant„ pris seulement des troupeaux & des païfans, il s’enfuit à toute bride , au seul,, bruit de l’arrivée des Turcs, fans s’informer de leur nombre ni de leurs forces;j, & non content de s’être sauvé à Cône, il poussa son cheval jufqu’à Laodicée.„ Les soldats, étonnez de l’absence du Général, abandonnèrent les prisonniers & lebagage, & fe fussent dispersez de côté & d’autre , si Cantacuzéne n’eût empêché3, leur déroute. Peu s’en fallut que l’Empereur ne fît promener Andronique par,, la ville en habit de femme ; mais il modéra fa colère & lui pardonna, en consi-„ deration de la parenté qui étoit entre eux.
Ces sortes de châtimens étoient en usage en ce tems-là, comme cela fe voit dansla Vie de PEmpereur Julien, & les amoureux en sont beaucoup moins dignes queles lâches qui ne le sont pas : car ceux-ci sont fort sains d’esprit, tout au contrairedes autres qui l’ont perdu. II s’en trouve plus dans l’Histoire de ceux qui ressem-blent à Andronique l’Ange, & qui fe déshonorent par leur lâcheté, que des autresdans lesquels l'amour étouffe toute sensibilité pour l’honneur. Je crois que MarcAntoine est le seul au monde qui nous ait fait voir au plus haut degré de perfectionles prodigieux effets de cette passion: la lâcheté n’en produit pas moins, Witikindnous en offre un exemple. Le Père Daniel n’est pas d’une grande exactitude à l’é-gard de ce Chef des Saxons contre Charlemagne. ,, C’étoit un des plus fameux Ca-»> pitaines des Saxons Vestphaliens, dit cet Historien (b) : c’étoit un homme infini-„ ment zélé pour la liberté de son païs, & son courage & fa prudence lui avoient„ acquis beaucoup d’autorité. Il étoit ennemi juré des François, & n’avoit jamais„ voulu entrer en commerce avec eux. Ce Capitaine, fe sentant coupable de la plû-„ part des infractions des Traitez de paix, & de quantité d’excès & de violences, ap-3, préhenda de fe mettre en la puissance du Roi ; il aima mieux fe retirer chez leas Roi de Dannemarc. ” Cela va bien jusques-là, mais l’Historien n’a pas expri-mé les choses comme elles sont dans l’original, & C e n’est pas là le seul endroit où11 cloche
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nous
dans son Histoire, surtout pour ce qui regarde les Rois de la première ra-n’aurions pas beaucoup de peine à le démontrer , si c etoit ici le lieu. Wi-
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1 ^d sot fauteur de la révolte des Saxons, ce que 1 Historien auroit dû. dire lorf-ss ue Charlemagne entra dans la Saxe. Il fe mit à la tête de son armée, fur la nou-velle
íbl d?»; V‘ft\de Man.Comn.lìv.6. ch. 8,e ’ Hl fi< de France, Charlemagne,
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