LIVRE IV; CHAP, XV. i « 3
ìl se joua comme d’un enfant. Plutarque nous explique la méthode de cet habile& rusé Guerrier en homme qui avoit travaillé fur de bons Mémoires.
Les Généraux Romains „ avoient affaire, dit-il, â un ennemi qui les venoit fur-n prendre tantôt de jour & tantôt de nuit; ses troupes composées la plupart d’Espa-gnols &; de montagnards vifs & agiles, faifoient de continuelles attaques & d es re-traites auffi promtes, fans que les soldats Romains pesamment armez, & accoutu-mez à combattre de pied ferme, les pussent joindre. Lui seul conduisoit toutesles entreprises. Il semble qu'il se multipliât. Les deux Généraux de Rome letrouvoient ì la tête de toutes les attaques. S’il avoit de l’avantage, il pouffoit sesennemis fans leur donner le tems de se reconnoître ; & s’il trouvoit trop de résistan-ce , '& qu’il craignît d’être enveloppé, il avoit accoutumé ses soldats à se disperser;ils gagnoient les montagnes & les rochers, & au moindre signal ils sçavoient se ral-lier auprès de leur Général. On le voioit revenir à la charge par un autre endroit, ilsembloit que ce sût de nouvelles troupes & une autre armée qu’il eût trouvée tou-te prête à entrer en action. Par cette maniéré de faire la guerre, favorisée de la si-tuation des lieux , il ne laiísoit jamais en repos ni ses ennemis ni íês proprestroupes.
chapitre XVI.
Escalade de Tsophis. Libéralité de Thilippe à l'égard des Eléens.Nonchalance de ce peuple d se conser ver dans son ancien état.Reddition de Thalamas.
P Hilippe j à la vûe de ces obstacles , demeura quelque tems ensuspens. Tantôt il renonçoit au dessein qu’il avoit eu de fairele siège de cette ville, tantôt il le reprenois par la considération desavantages qu’il en tireroit en cas qu’il réussît. Car autant que cet-te ville devoir être formidable aux Achéens & aux Arcadiens, pen-dant que les Eléens en seroient les maîtres, autant leur devoir-elleetre avantageuse dès qu’ils la leur auroient enlevée. II íë résolut doncde l’assiéger. Pour cela il donna ordre aux Macédoniens de repaîtredes le point du jour, Sc de se tenir prêts. Le matin il pastè 1 Ery-manthe fur un pont, les assiégez en forent si étonnez que personnene s’opposa à son pasiàge. II approche de la ville avec un appareilSc une astûrance qui y jette l’épouvante. Euripidas & les habitansfont essraiez, jusqu’alors ils avoient cru que les ennemis n’oseroientP a s mettre le siège devant une ville st forte, & fi capable de le sou-J eni r longtems, surtout dans une saison peu propre à ces sortes d’en-yPnffs. Une autre chose les embarassoit, ils craignoient que Phí-t?P e n oût quelque intelligence dans la ville, & qu’ils ne foíîènt tra-^Tom C ^ c ì ues ” uns âes habitans. Cependant comme ces soupçons