z 78 HISTOIRE DE POIYBE^
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X>e V attaque des f laces d'emblée ou. par escalade! Elles étalent plut difficiles du ternides Anciens quelles ne l« se f oient aujourd’hui. Méthode qu il faut observer dans cetsortes d,'entreprises.
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D TZpuis l’invention de l’artillerie, & de notre maniéré de fortifier les places, lesescalades font devenues plus rares, ou pour mieux dire la mode s’en est per-due , fans être pourtant plus dangereuses. II s’en faut même beaucoup qu’elles lesoient autant aujourd’hui qu’elles l’étoient autrefois. Seroit-ce que les dehors ymettraient obstacle ? Je ne le vois pas, puisque dans une insulte brusque, ( je par-le ici des places dont le foísé est sec en tout ou en grande partie, ) on se met peuen peine de ces ouvrages. Car quand même on y jetterait du monde pour les dé-fendre , ce monde serait bientôt pris par les revers. Il y auroit même de l'impru-dence de le faire, puisqu’on s’aíroibliroit par-là au corps de la place, où l’on atta-che l’escalade ; & si la garnison étoit si forte qu’on eût assez de monde pour gar-der l’un & l’autre, on peut bien juger qu’en ces cas-là on n’a garde de s’embar-quer dans une pareille entreprise. Ce n’est que la foiblesse d’une garnison qui doitnous porter à ces sortes de desseins, qui auraient fort aujourd’hui la grâce & la gloirede la nouveauté, & qui par conséquent seraient très-lûres. Ce qui les rendrait en-core plus assurées, c’est que nos remparts d'aujourd’hui font plus bas de la moitiéque ceux des Anciens ; de forte qu’il faut des échelles plus courtes , & par cetteraison elles font plus aisées à transporter , & l’on en porte un plus grand nombre.D’ailleurs nos bastions font égaux à la hauteur des courtines ; au lieu que les toursdes Anciens étoient beaucoup plus hautes, & qu’elles pouvoient se défendre indépen-damment des courtines, & lorsqu'on étoit martre de celles-ci on fe trouvoit entredeux tours, fans pouvoir couler en-delà ni décendre dans la ville, à cause que lesmurailles n’étoient point terrastées comme font les nôtres ; ce qui n’est pas un petitavantage dans une escalade, outre l’épaisseur de nos parapets qui les favorise extrême-ment. Tous ces avantages ne font pas petits , & si pourtant je ne les allègue pas
tous, & l’on verra qu’il en reste encore suffisamment pour être étonné de la raretéde ces fortes d’entreprises, plus faciles aujourd’hui qu’elles ne l’ont jamais été, &íe risque qu’on peut y courir est si peu de chose, que je suis persuadé que l’onperd cent fois plus de monde dans un siège régulier & de vive force , qu’on enperdrait dans une escalade, si l’on s’avisoit d’en faire revenir la mode; mais elle estabsolument perdue, & si l’on entend parler de quelque entreprise de cette nature,c’est contre quelques châteaux , bourgs ou villages entourez de quelque méchantemuraille: encore n’ose-t-on guéres tenter ces sortes d’avantages. Est-ce défaut dehardiesse ou ignorance ? Du tems des Anciens jusqu’à celui de nos pères, il n’yavoitrien de plus commun que les escalades, & s'il vous plaît contre les plus sortes pla-ces , & avec plus de difficulté qu’il n’y en auroit dans nos meilleures, accompag-nées de tous leurs dehors. Je ne vois pourtant nul exemple qu’on en ait escaladéde cette importance, lors même que les garnisons se trouvoient très-foibles, comraCcela arrive lorsque les armées font en campagne. La plus fameuse dont on ait ou’ïparler, est celle de Droghéda par Cramwel en 1649. Asthon, qui la défendoit, n£s’imaginoit pas que le Chef des Parlementaires dût l’attaquer autrement que dans lesformes, & comptant fur la force de fa place, il espéra que Cromwel s’y morfondrait»& qu’il y useroit vainement fes forces. „ Asthon raisonnoit bien dit l’Historie»
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