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Tome V.
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si secrets, bien qu’il fallût faire un certain nombre d’échelles, que les ennemis n’eneurent aucunes nouvelles ; mais ce qu’il y eut de plus remarquable & de plus digned’être observé des gens du métier, ce font les mesures & les précautions quil pritpour couvrir íà marche jusques fur le bord du folle de la place, ou le jour nousprit, fans que l’ennemi nous eut encore découverts. Il ne nous découvrit pas mê-me dans notre retraite, à cause d’un grand brouillard qui s’éleva un peu avant lapointe du jour. J’expliquerai en peu de mots ces mesures & ces précautions. Carbien qu’elles soient dans le même système & le même esprit que celles que j'ai pro-posées en plusieurs endroits de cet Ouvrage, «ù je traite des surprises de camps SLd’armées , à l’égard des marches qu’on veut dérober à l'ennemi pour aller à lui, ilne fera pas inutile que je les fasse remarquer ici en particulier. II fit fermer les por- 'tes à l’entrée de la nuit, sous prétexte d’arrêter des espions qui étoient dans la vil-le. Il fit sortir environ deux cens hommes d’infanterie, divisez en plusieurs petitsdétachemens, commandez par des Officiers & des Sergens expérimentez , ausquelson cacha le véritable dessein ; afin qu’au cas que quelque soldat vînt à déserter»il ne pût rien apprendre de ce qui se paffoit. On leur dit seulement de s’embus- !quer sur tous les chemins & fur tous les passages par où l’on pouvoit aller , à la ville.Comme on avoit examine tous ces endroits-la, & que le Marquis de Goébriand lesconnoissoit fort bien, pour avoir défendu cette place la campagne précédente avectant d’opiniâtreté, de valeur & de gloire, chaque détachement eut ordre de se ren- IAre à l’endroit qui soi fut prescrit. On leur dit seulement qu’on étoit informé qu’il jdevoir entrer un homme dans la ville , qui portoit une somme considérable pouf 'paier la garnison; que la moitié de cette somme seroit donnée au détachement quiYen saisiroit, & une partie du reste distribuée aux autres détachemens ; que pourne pas manquer le coup, on poferoit plusieurs sentinelles â certaine distance les unesdes autres, qui se mettroient ventre à terre, & formeraient comme une chaîne d’un jdétachement ou d’un poste à l’autre, avec ordre d’arrêter tout ce qui viendrait oU !irait à la ville, d’observer un grand silence, de ne point aller au qui-vive,& que ;s’il venoit des troupes du côté de Saint-Omer de ne point bouger de leurs postes. 11/Officier, qui commandoit tous ces détachemens, qui étoit soi seul dans le secret, j& qui devoir les poster , avoit ordre dans le tems qu’on escaladerait la ville , de le* |faire avancer sur le bord du fossé de la place aux endroits ou l’on ne devoit pas atta-quer, pour faire feu fur le rempart lorsqu’on entendrait tirer, afin de faire diversion 1des forces de l’ennemi, & les occuper de telle forte qu’il ne fçût où courir, ni distin- 'guer la véritable attaque des íausies. On devoit monter par le moien de trente otiquarante échelles. L’Auteur de cet Ouvrage étoit commandé pour monter le pre-mier K la tête de vingt Officiers & trente soldats des plus déterminez, suivis d’unCommissaire d’artillerie, avec des leviers de fer, de longues tenailles, des marteaux »des haches, & autres machines propres pour rompre les gons & les verrouils de 1®porte d’A ms, après que la troupe, qui devoit monter la première, se serait emparéede cette porte & aurait égorgé la garde , qui n’étoit que de trente hommes. Onvoit dans tout ce récit, d’où j'écarte une infinité de circonstances très-instructives »pour n’être pas excessivement long, que ces sortes d’entrepriscs bien concertées, $telle que celle dont je viens de parler, où il n y eut d’autre défaut que celui d’êtf®parti une heure plus tard ; on voit, dis-je, que le seul fait nous apprend le princip 4& la méthode, íàns aucun besoin de Commentaire : car si je ne m’étens pas au-d^,de ce que je viens de dire, je ne le fais que pour ne pas répéter ce que j’ai dit ail'leurs des attaques d’emblée ou par escalade des Anciens.

II me reste plusieurs observations à faire à l’égard de la fabrique des échelles,

tems»