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Tome V.
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LIVRE IV. CHAP. XVI. ,8)

fcms» de l’ordre dans la marche » & des réglemens qu’il faudra observer dans l'exécu-tion d’une entreprise d’un détail si extraordinaire : les unes regardent le Chef, les au-tres les Officiers & les soldats»

On a pû remarquer par ce que j’ai dit de la fabrique des échelles , combien ilimporte de les faire avec un extrême secret. Le meilleur & le plus prudent , e st d’en-ferrner les ouvriers. Mais comme on pourroit soupçonner, si on fe servoit de ceuxde la ville, qu’il y a quelque dessein caché,& qu’il en faut un grand nombre pourhâter les préparatifs, il vaut mieux les faire venir des villes les plus proches de la fron-tière , & les enfermer dans l’Arsenal. Si l'on ne prenoit ces précautions, il seroitdifficile que les ennemis n’en eussent pas quelques avis, les plus stupides verroientassez qu’un si grand nombre d'échelles ne peuvent être destinées que pour quelquegrande entreprise. Tout cela sait voir combien il importe aux Ministres éclairezêe qui voient de loin, d’avoir toujours dans une ou deux villes les plus considéra-bles de chaque frontière, un millier d’échelles toutes préparées, un certain nombrede pétards, & les autres machines nécessaires pour rompre & enfoncer les portes ;Ce .stui f e peut faire en tems de paix. Car lorfqu’on a ces sortes de choses sous ladans un Arsenal, on s’épargne bien des foins, l’on fe délivre de la crainted être découvert dans des desseins de cette nature - & Ton íèra d’autant plus affûrédu succès, qu’il n’y aura autre chose à faire que de charger les échelles fur des cha-riots , & de marcher.

La nuit est le tems le plus propre pour ces sortes de desseins. Philippe Roi de•Macedoine, & père d’Aléxandre, choisissoit pour ses entreprises les saisons les plusrudes & les plus mauvaises, qui tout bien pesé, dit un Auteur , éloignent autantd obstacles qu’elles en apportent. Cela est certain dans le tems de pluie, à moinsqu’on ne marche par un grand vent ou par un grand froid & une nuit sens Lune,pour arriver une heure avant qu'elle fe léve; mais il faut régler de telle forte lamarche, qu’on puisse entrer en action une ou deux heures avant le jour, & se sou-venir de partir plutôt que plus tard. On fera reconnoître les distérens chemins poury aller, & les endroits par où l'on doit passer, & surtout les défilez: car l’on fçaitpar un calcul infaillible combien il faut de tems à un corps de troupes pour passerUn pont ou un défilé fur plus ou moins de files» S’il y a deux ou trois cheminspeu éloignez qui mènent au même endroit, on marchera fur deux ou trois colon-nes. L es chariots qui sont chargez des échelles, seront précédez d’ime avantgarde,celle-ci d’une ou de deux compagnies de grenadiers. On marchera dans un grandsilence; que si l’on remarquoit qu’il y eût des soldats enrhumez, on ses renvoierapour en prendre d’autres en leur place. Aucun soldat ne sortira de son rang,fouspeine de la vie. Les Officiers & les Sergens, qui doivent être doubles, y aurontUne particulière attention.

Lorsqu on sera arrivé près de la ville, on s’y mettra en bataille dans un grand si-^nce. On distribuera alors les echelles aux premiers qui doivent monter , qu on;c hoisira parmi les plus vigoureux : car dans un dessein de cette conséquence , onP r end tout ce que l’on a de troupes d’élite. On séparera les serruriers & les char-pentiers pour s’en servir dans L’occafion , afin de pouvoir les prendre si l’on vientfpgner se rempart. Chaque centaine d’hommes aura son poste fixe, commandée parles p® c î ers ’ On s’avancera en bon ordre au chemin couvert, où l’on fera avancerSi l’o' rilr '* ers ’ P our fàe fauter les barrières avec le moins de bruit qu’il fera poffiblè.mes P as découvert, toutes les troupes y entreront brusquement, & les mè-

tres d /C e ^ eS ^stinées pour l’efcalade serviront pour décendre dans le fossé, & les yu-ece 0nt par ses endroits qui servent & ceux de la ville pour venir du sosie

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