Band 
Tome V.
Seite
184
JPEG-Download
 

1 84 HISTOIRE DE POLYBE,

au chemin couvert. La diligence doit être des plus grandes pour appliquer les échel-les contre les remparts, on se hâtera d’y monter, & les premiers montez se formerontsur le terre-plein. Dès qu’on en fera averti, & qu’il y en aura une centaine, onfera monter les charpentiers & les serruriers pour se rendre maître de la porte la plusproche, pendant que ceux qui suivent en queue se formeront sur le rempart, obser-vant en montant de ne point trop charger les échelles. Si l’ennemi se présente, onchargera & on le joindra fort ou soible sans tirer, & la baionette au bout du fusil.

Si l'on ne défile pas en assez grand nombre , les grenadiers, qui doivent avoir leurshaches, couperont des arbres, s’il y en a fur le rempart, pour s’en servir comme deretranchement; & s’il y a quelque cazerne, on tâchera d’y mettre le feu. Que sil’ennemi s’avance fur le rempart , & qu’il soit repouíïé, on le poussera pied à pied :

fans trop s’emporter dans la poursuite. On se formera sur le plus de hauteur qu’il !fera possible, & à mesure qu’on grossira on s'étendra le long du rempart , pour sejoindre ensuite à ceux qui entreront par les portes.

Les Officiers auront une grande attention d’empêcher le pillage, & qu’aucun sol-dat ne forte de son rang, avec défense d’entrer dans les maisons, & encore moins d’y :mettre le feu. Cette partie qui. regarde 1*attaque n’est pas pourtant épuisée, nous en itraiterons dans le six ou septième 1 orne. !

11 me reste maintenant à parler, mais en fort peu de mots, des insultes des places ;haut à la main ou nocturnes dans un siège régulier & dans un assaut, pour occu- jper les assiégez de toutes parts, & faire diversion de leurs forces par plusieurs atta-ques de pied ferme aux brèches, & par escalade en différens endroits. !

Les exemples anciens & modernes de ces sortes d'entreprises brusques, violentes & ■de vive force, se rencontrent à chaque pas dans l’Histoire. La fortune ne favorisepas toujours la raison ; mais il est assez rare qu’elle ne fe rencontre pas dans celles-ci comme dans les surprises, lorsqu’elles font bien concertées , & qu’on n’a rienoublié des mesures & des précautions, & qu’en un mot un habile homme, brave &déterminé en tout s’en est mêlé. Si l’on vient à manquer son coup, celui qui s’enest chargé n’est pas moins digne de louange. Quand il y auroit même du défaut»car une bagatelle est capable de les faire échouer, ce font des choses qui sont au-dessus de la prévoiance humaine. Avant que de condamner un homme de mérite , '

l’équité demande qu’on observe plusieurs circonstances. Sans cela qui oseroit déci-der sur la bonne ou la mauvaise conduite d’un Général dans les desseins de grandeimportance, & surtout dans une escalade accompagnée d’une attaque aux brèches ?Car bien que la force, l’habileté, la valeur des troupes & la bonne conduite aient ;droit d'espérer Un bon succès, elles ne le rencontrent pas toujouj* contre des gensqui opposent au défaut de cette force l’avantage des lieux & la valeur déterminéeèc éclairée de l’art. J’ai fait voir de ces sortes d’exemples dans mon second ou montroisième Tome, où mes Lecteurs feront fort bien de jetter les yeux, pour joist'dre ces connoissances ì celles qu’îls trouveront ici.

Lorsqu'une place assiégée résiste tellement qu’on craigne d’être repoussé à uníbrèche, & qu’on sent bien que Passaut sera difficile par la valeur & Paudace de bgarnison, & qu’on a des raisons de s’en rendre au plutôt le maître , cela arriv cquelquefois lorsque le secours est prêt d’arriver; il ne s’agit plus alors de ménagéson monde , ni d'attendre que les brèches soient en état d’être insultées facilement. O"doit avoir un grand nombre d’échélles, tenter de tous les cotez,& faire autant d’att*'ques qu’il est possible d’en faire, particulièrement fur le front attaqué. II fautles échelles soient près-à-près les unes des autres, & comme colées ensemble: car ric"«'épouvante davantage une garnison , & ne donne plus à penser à celui qui "la co" 1 '