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Tome V.
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i 5 í histoire de iolybh,

mens des François, doní la contenance lui- fit bien juger qu’il falloit attendre IbPrince Louis de Bade avant que de rien engager. On dispose tout pour ì’attaque.Dès que la tête du reste de l’armée parut, on commença à se canonner de part &d’autre. Tout étant disposé, les Anglois & les Hollandois,commandez par le Gé-néral Goors, marchèrent aux retranchemens avec beaucoup d’ordre & une très-gran-de résolution, soutenus de quinze bataillons de la droite & d’autant de la gauche.L’attaque fut vive, fort opiniâtrée, & encore mieux soutenue par les François, quiles repoussèrent jusqu’à deux sois : car tout donna à la seconde reprise, & la troi-sième ne sut malheureuse que parce qu’on s’étoít avisé de fortifier ce poste. Carla gauche de la ligne qu’on avoir tirée de la montagne à la ville, & qui eût dûaboutir directement au fossé, laissait un assez grand intervalle pour que les enne-mis pussent le remarquer, & véritablement il s’en apperçûrent; & comme cet en-droit avoir été négligé, à cause qu’il étoit trop près de la ville, les ennemis trou-vèrent que c’étoit là le plus íoible. II y avoir même fort peu de monde par làfaute du Commandant de la placequi avoir négligé d'exécuter un ordre du Ma-réchal , par lequel il lui ordonnoit d’envoier un détachement de fa garnison pourremplir cet endroit, ou les ennemis donnèrent & entrèrent en foule fans y trouverpresque aucune résistance; & se trouvant sur le flanc gauche des nôtres que nosGénéraux avoient un peu trop négligé , les premières troupes qui íermoient cetteaile surent défaites en un instant. Les troupes occupées ailleurs prennent l’épouvan-te, & un moment après le désordre se met dans nos troupes. On entre alors parplusieurs endroits de la ligne, & la confusion s’y mettant la déroute devint géné-rale, rien ne résiste & tout s’enfuit. Nous y perdîmes peu de gens de marquehors le Marquis de Nettancourt, qui mourut de ses blessures, & le fils du Géné-ral, qui y fut tué. La perte des Officiers & des soldats ne fut considérable quepar la fuite. II y eut près de deux mille hommes tuez, blessez ou pris. Il n’enfut pas de même des ennemis& cela ne pouvoir être guéres autrement, puisqu’ils’agiffoit de V insulte d'un camp retranché fous le feu de presque tout le frontd'une place, dont les ennemis se trouvèrent aussi peu incommodez que s'ils en eus-sent été à cent lieues. 11 semble qu’on eût pû les embarasser beaucoup en prenantdes revers , & en bordant le rempart 6c le chemin couvert d’un bon feu de canon& de mousquéterie.

Milord Marlborrough fait monter sa perte dans fa Lettre écrite à Messieurs lésEtats de Hollande jusqu’à cinq mille hommes,sans compter les blessez, trois Offi-ciers Généraux tuez, & presque tous les autres blessez.

Le Duc d’Alençon se tira un peu mieux d’affaire sous Gand, c’est qu'il eut laprécaution de garnir de chariots tout le front de fa ligne : obstacle qu’AlexandreFarnése ne put forcer , quelques efforts qu’il fit. Voilà deux exemples qui prou'vent manifestement que ce n’est pas une entreprise auffi grande ni auffi délicate quel’on s’imagine, que d’attaquer une armée ou un. grand corps de troupes fous le ca-non d- une forteresse. ■

f. fil.

Des courses , ou des invasions dans le pais ennemi.

L Es courses d’armées ou d’un grand corps de troupes dans le païs ennemi, n’áp 2portent guéres de profit, si elles ne font l'objet de quelque dessein considéra 1 -