LIVRE V. CHAP. VIII.
Nous quitterons ici M. Vaillant pour suivre M. Baudelot dans.la vie de Ptolé-mée Aulétes ou le Fluteur, fils naturel de Ptolémée II. qui succéda à AlexandreII. au Roiaume d’Egypte. Ce Prince régna d’abord dans la Lybie, ou dans quel-que autre Province considérable. On prétend que les Alexandrins ne l’appellérentpas pour remplir le trône après la mort d’Alexandre II. mais qu'il l’acheta par degrosses sommes par le moien de Pompée & de César, qui étoient encore amis. nrépandit encore de l’argent aux Aléxandrins pour trouver moins d’obstades à sondessein. Ils se soulevèrent contre Alexandre, & Ptolémée Aulétes fut appelle pourremplir fa place, & son cadet fut déclaré Roi de Cypre par les mêmes Alexandrins.Alexandre íê retira à Tyr avec ses trésors, où il mourut six mois après. Aulétesétant remonté fur le trône, s’y crut inébranlable, & tous les bons Princes doivents’y croire très-affermis ; mais un Tyran n’y tient guéres qu’à un filet. Si Aulé-tes se crut exemt de tyrannie, il se trompa fort : il fut au contraire un très-mé-chant Prince, il se livra à tous les vices imaginables, & chargea ses peuples d’impôtsextraordinaires. Outre le surnom d’Aulétes, il eut encore celui de Bacchus, soitqu’il fût un dévot de ce Dieu, & qu’il se plût à ses fêtes, ou qu’il l’imitât dansson yvrognerie. Je croi qu’il y entroit de tout cela, & ce qui prouve davantagece dernier défaut, c’est qu’il poussa sa passion pour la Musique aux derniers excès,& l’on prétend que cette passion le jetta dans la débauche & la tyrannie. Je vou-drais de meilleures preuves & de meilleurs garans que Plutarque, pour me persua-der que la Musique est capable de produire de tels effets. Aulétes le Fluteur eûtété tyran fans la flûte & fans la Musique, cela est certain. Un Tyran a besoind’être bien soutenu, l’alliance des Romains lui étant nécessaire, il eut besoin deles ménager. Ceux-ci, qui n’ignoroient pas son état , n’ignoroient pas non pluscombien le Roiaume de Cypre étoit de leur bienséance, ils muguetoient cette Ifledepuis longtems. Le frère d’Aulétes y régnoit alors, il falloir qu’ils fussent sûrsque notre Fluteur ne s’y opposerait pas. Aussi cette alliance, qu’ils avoient faite aveclui, etoit le .but principal de cette entreprise ; assurez qu’ils étoient que ce Princene remuerait pas, ils y marchèrent ; ,, mais les Egyptiens irritez d’ailleurs contre„ leur Souverain, dit M. Baudelot, ne purent voir le peu de soin qu’il prenoit dej, s'opposer aux entreprises des Romains fans en former, soupçonnant assez qu’il s’en-3> tendoit avec eux. Aulétes parut peu disposé à les satisfaire, & loin de se met-3 » tre en état de donner quelque secours à son frère, il ne s’occupoit qu’à jouer3> de la flûte, avec tous les apprêts & les ajustemens particuliers aux joueurs de cets, instrument en ce tems-là. Toutes ces raisons & quelques autres firent soulever» un peuple assez enclin à la révolte; ce qui obligea Aulétes de se retirer. On33 ne peut pas dire comment la chose se passa, parce que les Auteurs ne s’accor-„ dent point sur cet article.
,3 Les deux filles aînées d’Aulétes Tryphéne & Bérénice, dit encore le mêmes. Auteur, furent élevées fur le trône. La première Princesse n’est pas trop con-ss nue. M. l’Abbé de la Charmonie l’a déterrée dans un morceau de porphyre ,»> qui se trouve dans 1 ’Eusébe de Scaliger. Elle ne régna qu’un an. Pour Bé-33 rénice, il en est assez parlé dans les Auteurs. On la croit complice de la conjura-3 » tson contre son père.”
c e Prince se retira à Rome pour implorer le secours de la République, il yr- ut îrès-bien reçu. Les F.pvotiens envolèrent en même tems à Rome oour se iusti-
, r'-'ui dctuier ce mince ae cruauté oc uc v^eiui-ci en etant in-
ne ’. craignant le préjudice de cette Ambassade, envoia des assassins fur la rou-qui se défirent d’une partie de ces gens-là ; les autres étant arrivez , se tûren
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