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lieu que rabattis est fait en un instant , & l’on ne sçauroit jamais être pénétré',bien qu’il n’y ait ni fossé, ni parapet, ni fraise, ni palissade fur berme. 11 ne fautni pelle ni pioche, la hache suffit; mais dans ces endroits extrêmement resserrez, oudans les défilez oh l’on ne peut fe défendre ni attaquer que fur un petit iront, leplus fort 1’emporte quelquefois, lorfqu’on attaque à différentes reprises, & que lescorps succèdent l’un à l’autre pour conserver toujours une ardeur & une violencetoujours égale dans le combat: car l’une & Vautre s’amortislént, st les premiers quiattaquent ne font place après un certain rems à des troupes fraîches qui les soutien-nent & les relèvent ; on sc trouve enfin accablé par tant d’attaques successives &nouvelles. C’est pour cela que je propose de former Vabattis ou le retranchementen angle rentrant & le plus profond ; ce qui fournit un plus grand obstacle, & cfesrevers contre lesquels Vennemi ne sçauroit tenir. C’est, je pense, la meilleure mé-thode & la plus meurtrière. Il seroit à souhaiter qu’on voulût la suivre. Je re-viens à mon sujet, si l’on peut s’imaginer que je m’en sois écarté.
Molon étonné de voir Vennemi en-deçà, & ignorant la nature du poste qu’il oc-tupoit, dérache une partie de ía cavalerie dans un endroit ou elle ne pouvoit etred’aucun usage. 11 Vattaqua étourdiment, fans avoir fait reconnoître les marais oùfa cavalerie alla s’engager fans réflexion & fort imprudemment. Il perdit la une par-tie de ses troupes, fans qu’il fût besoin de la main des ennemis pour les defaire.
Un si grand avantage porta Xcnéte à déplus grands desseins, il crut qu’en Rap-prochant de l’armée des rebelles, Molon s’en verroit abandonné , & que toutes sestroupes sc tourneraient du côté du parti du Roi. II fe hâte de déloger du postequ’il occupoit, bien qu’il n’eût avec lui qu’une partie de ses forces, & que le restefût encore en-delà du fleuve. II longea la riviere en remontant pour s’approcherde Vennemi où il parut en présence Je fuis fort embarassé de sçavoir, comme jel’ai dit plus haut, si le stratagème du Chef des factieux est l’effet d’un dessein pré-médité, ou celui du désespoir qu’il conçut après avoir connu la honte de fa retraiteprécipitée, car il abandonna son camp, ses bagages & ses vivres à la faveur de la nuit.
Í e pancherois fort de ce côté-là. Quoi qu’il en soit il s’enfuit à la faveur des tend-res. Que ce soit une fuite réelle, ou une retraite fausse & simulée, il est constantqu'il revint fur ses pas, comme mon Auteur le rapporte , lorsque Xénéte s’étoitc mparé de son camo, ses soldats ne pensoient à rien moins qu’à ^ qui leur devoitdriver. II y paraît assez par la misérable conduite de leur Général. ,, L’armée" pleine de confiance , dit mon Auteur ( car une bonne partie avoit traversé en-deçà ensuite du premier combat, ) & aiant des vivres à foison, fit bonne chere,
„ but à Vexcès, & s’abandonna à la nonchalance ordinaire aux gens qui sont dans„ cet état. Je renvoie mon lecteur au texte où cet événement est écrit avec toutlart d un grand Ecrivain, & d’un guerrier expérimenté.
On voit dans cette surprise d’une partie de l’armée de Xénéte dans le camp deMolon, où il s’étoit établi, un des plus étranges effets de la peur qu’on puisse ja-mais imaginer, je ne fçaurois me dispenser de faire quelques remarques fur cet en-droit de Polybe. J’ai dit quelque chose de cette passion dans les Volumes précé-dens, mais ici elle nous jette dans l’ctonnement. Car je ne vois rien de semblable.Citons le passage tout entier, pour épargner la peine à mes Lecteurs de l’aller cher-àr dans le texte. Les armes tombent des mains des plus braves, & des plus har-dis dans l es surprises, & h tête tourne lorsque ces sortes d’avantures arrivent. Xé-ftete & s es troupes aiant été surpris, la confusion & le trouble furent étranges danscam P, chacun chercha son salut plutôt par la fuite que par son courage. „ Com-» me on voioit le camp qui étoit de l'autre côté, dit mon Auteur, n’étant éloigné
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