3 i4 HISTOIRE DE POLYBE,
environ trois mille Candiots, entre lesquels il y avoit mille Néocré-tes, dont il donna le commandement à Philon de Cnoílè. On avoitarmé trois mille Afriquains à la maniéré des Macédoniens , Sc Am-monius les commandoit. La phalange Egyptienne coníistant en vingtmille hommes, étoit conduite par Sosibe. 11 y avoit outre cela uncorps de quatre mille Thraces & Gaulois, levé depuis peu tant deceux .qui demeuroient dans le pais, que de ceux qui vinrent d’ail-leurs se présenter, Sc c’étoit Denis de Thrace qui étoit à leur tête.Telle étoit l'armée de Ptolémée, & les différentes nations qui la com-posoient.
Cependant Antiochus pressoit le siège de Dure, & tous ses efforts
n’abou-
„ de choisir 8c de changer, dit encore Montagne ,„ usurpe l’autorité de juger, 8c se doit faire fort„ de voir íà faute qu’il introduit. Dès qu’il dé-montre l’un & t autre, on doit lui être très obli-gé , 8c surtout lorsqu’on le soutient par des faitsix par Inexpérience : dès-lors l’on ne doit pastrouver étrange qu’on parle d’un air décisif, caril n’y a que l’évidence des choses qui nous le per-mette , £t ce n’ell que dans ce ièul cas-là quele reproche de vanité & d’inrmodestie est injuste8c très-malhonnête. Les Princes, ou ceux quifont à la tête des affaires ; 8c qui donnent lebranle à un Etat.àl’égard de la guerre,doiventse faire un étude particulière 8c très-íerieuse desabus ou des pratiques mauvaises , qui peuventavoir des suites fâcheuses, 8c voir si les change-mens qu’on propose de faire n’ont rien de dé-fectueux, s’ils tendent à une plus grande per-fection, 8c s’ils sont plus avantageux à P Etat;de peur que ce que nous rejetions ne soit suivide nos ennemis, qui fe trouveront plus dociles,ou qui n’auront pas les mêmes passions. Caralors nous serions les premiers les dupes de no-tre opiniâtreté.
Je ne sçai quel fut cet Officier, qui dans uncombat contre les Espagnols dans les guerres duPiémont, sous le Ministère du Cardinal de Ri-chelieu, trouva le secret de faire taire le feu desEspagnols; s’en volant trop incommodé, il s’im-patienta à la fin. II ordonna à ses soldats de po-ser leur mousquet à terre, 8c de mettre l’épée àla main. 11 fondit fur eux bravement , 8c lesmit en fuite: méthode qui fut trouvée très-con-venable à l’humeur impétueuse de la nation, 8cdons on se servit par la fuite. Pourquoi laisserau vent le foin de porter ses coups à l’ennemi?N est-ce pas l’épée qui fait toute la force 8c i’a-vantage du soldat? Les nations belliqueuses dé-cident-elles leurs combats autrement qu’eri joig-nant l’ennemi l’épée à la main ?
Et cpto ferre velint permittere vnlnertt ventis :
En.s habet vires , gens qustcum^ne virornmest,
ïf lia gent glaiih.
C’est Lucaîn qui dit cela, il dit vrai. Cyrusl’avoit pense avant lui. C’étoit un grand Capi-taine, 8c Xénophon nous le donne comme undes plus grands Maîtres qui fût au monde. Sice Guerrier célébré n’est pas imaginaire dansl’Autcur Grec, ce que j’aide la peine à croire,car il l’est un peu moins dans Hérodote, qu’il aitexisté ou non lur !e pied que Xénophon nous lereprésente, on conviendra du moins que Xéno-phon étoit lui-même un très-grand Maître, in-dépendamment de lòn Héros,qui introduisit unenouvelle discipline dans ses troupes 8c de nouvel-les armes. Ecoutons son Historien dans M-Char-pentier, car on ne lçauroit assez, établir u ne véritési importante qu’en'ajoutant les faits aux raison-nemens.
Dès que Cyrus eut joint Cy avare avec trentemille Perses qu’il amenoit à son secours, 8c qu’ilse fut informé du nombre des troupes qu’il pou-voir mettre en campagne , 8c de celles de sesennemis; „ Dites-moi auparavant, lui demanda-„ t-il, quelle est 1a façon de combattre de ces,, nations? C’est presque la même de la nôtre,„ lui répondit Cyaxare : car la plupart de nos„ gens 8c des leurs se servent de Parc 8c du ja-„ velot. Avec ces armes-là, dit Cyrus, il faut„ combattre de loin. Cela est vrai . répondit„ Cyaxare; 8c par conséquent, repartit Cyrus,„ la victoire sera du côté où il y a plus decom-» battans: car il est bien aise de juger qu’une» grosso troupe blestbra beaucoup plus de gens„ dans une petite qui lui sera opposée , que la>, petite n’en pourra blesser du côté de la grande.„ Si cela est ainsi, dit Cyaxare, il n’y a point de„ meilleur expédient que d’envoier en Perse pour„ y demander un plus grand secours , 8c re-„ montrer que si nous sommes défaits,ils auront,, ensuite les ennemis fur les bras. En vérité,„ répondit Cyrus, quand tous les Perses serment„ ramassez ensemble, je ne crois pas que nous,» fussions encore égaux en nombre aux enne-,, mis. Que vous semble-t-il donc plus à propos,, de Étire , dit Cyaxar.c ? Pour moi , répondit», Cyrus, si j’étois à votre place, je ferois faire», promtement pour tous les Perses qui vieonept
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