LIVRE V. CHAP. XIV. 3 z 3
Toutes les personnes cjue je viens de nommer eurent des chargeschacun selon son talent particulier. Euryloque eut sous lui les troismille hommes de la garde: Socrate deux nulle hommes d’infanterieà rondaches : Phoxidas Achéen, Ptolémée fils de Thrafeas Sc An-dromaque exerçoient la phalange & les Grecs soudoiez. Les deuxderniers commandèrent la phalange, qui étoit de vingt-cinq millehommes, Sc Lhoxida.s les Grecs au nombre de huit mille. Les septcens chevaux qui font le cortège du Roi, la cavalerie d’Afrique Sccelle qui avoir été levée dans le pais, tout cela faisant environ troismille chevaux, fut mis sous le commandement de Polycrate. Eché-crate, qui avoir merveilleusement exercé la cavalerie de Grèce 8e toutel’étrangére, lesquelles montoient ensemble à deux mille chevaux, futd’un grand secours dans la bataille. Personne n’apporta plus de soinà dresser les troupes qui lui furent confiées que Cnopias. II avoic
envi-
est contraire aux régies de la guerre, par la rai-son qu'il faut en tout à l’égard de l’infantcriequ’il y ait parmi elle différentes sortes d’armes.Puisqu’il y en a de deux sortes dans les arméescavalerie & infanterie, il faut donc que ceile-cipuisse íc défendre contre l’autre en rase cam-pagne. S’il n’y avoir que de l’infanterie dans unearmée , je ne trouverois pas étrange qu’on eûtabandonné les armes de longueur , qui font laforce 8c le soutien des plus courtes, gc leur don-nent plus d’avantage: car celles-ci n’en rencon-trent aucun dans un pais favorable à la cavalerie,quand elle est bien menée 8c bien résolue , 8cqu’elle s’abandonne fur un bataillon, ou fur ungrand corps d’infanterie range selon la coutumede ce tems-ci, dont on fe dosera, je m’assûre,avec le tems; la cavalerie lui paflèra alternent iurle ventre pour peu qu’elle s’abandonne dessus >tant qu’elle íèra dépourvue 8c depouillee d’armesde longueur. Ce que dit Tite-Live eit vrai dansce ra?-ci, que tout changement,route mutationintroduite dans un établissement de longue pre-scription , ne fut jamais bon ni louable, Adeonibil motum ex tmtiquo probabih eji. „ II ne faut„ pas prendre droit de'conclure de là, dit VAu-teur de s notes de la nouvelle édition de Montagne,„ qu'il seudroit conserver les ulàges les plus bi-zarres, aufquels leur ancienneté donnera tou-» jours des défenseurs. Et il ne s’en trouve quetrop à l’égard de certains usages les plus mau-vais de la guerre, ce qui fait que le íâge Histo-rien ajoute;" biifi qui. ufus evidenter arguit, ftarerr.alunt. „ Les hommes aiment mieux qu’on-- s ’cn tienne aux anciennes pratiques, si l’on en-- cx cepte celles où l’experience fait voir des dé-51 lauts palpables.” De grâce que ceux qui onttrouve la pique comme une arme digne d’êtreOpprimée, nous fournissent de bonnes preuvesG f leur opinion? Montagne nous a donné un Cha-■r‘ uc "r ta coutume qu on ne içauroit troppaier,
& ne laiíse guéres à glaner, ce me semble. Cequ’il dit de i’Ephore Lmerépes a bien des exem-ples, il l'a tiré de Piutarque dans les dits nota-bles des Lacédémoniens. Cet homme tout pleindes préjugez de la coutume, aiant Ijû que Phri-nys avoir ajouté deux cordes à la muíìque. bienloin d'admirer l 'inventeur, qui augmentoit par-la l’harmonie, les coupa , 8i ne se soucia pas jlles accords en font mieux remplis, dit-il ; il lutsuffit, four les condamner, que ce soit une altéra-tion de la vieille façon. Polybe, 8c Piutarque aprèslui, louent Phi.opcemen,le plus grand Capitainede la Gréce, 8c qui vint trop tard pour la déli-vrer du joug des Romains, déja trop puissam-ment établis par leurs victoires , de ce que cegrand homme changea tout l’ordre des Grecsdans leur façon de sc ranger 8c dans celle deleurs armes, 8c prit ce qu’il trouva d’imitateursdans les Romains. Etant né pour commander ,dit le même Montagne , ilfpavoit non seulementcommander selon les loix , mais aux loix mêmesquand la nécessité publique le requérois, ce quetout grand Capitaine tera. L est ce que Mithri-date tut forcé de faire, au rapport de Piutarque;car trouvant les armes des Romains plus avan-tageuses que celles de ses troupes, il en fit for-ger de semblables , dont il n’eut pas lieu de serepentir. Mais un esprit commun n aura gardede rien changer, si ce n’est dans des bagatellesmilitaires. Perlonne ne pense à ce qu’il y a réim-portant , de grand 8c de iolide,8c qui nous con-duit à ìa perfection de la science des armes, ècc’est ce me iemble dans ce seul cas-là qu’ontrouve les plus grandes oppositions. Est-ce en-vie? Est-ce jalousie ? Est-ce manque d’expérien-ce? Est-ce paresse d’examiner un principe ? ouenfin est-ce parce qu’accoutumcz à une métho-de longtems suivie, on n’a pas assez de fermetépour prendre fur foi de la changer ,& d’être setpremiers à donner l’exemple ? » Qui seSs i