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HISTOIRE
D È‘
POLYBE,
Dans le rems qu’Achée étoit occupé au siège de Selge, Attalus par-couroic avec lin corps de Gaulois Tectosages les villes d’Elide 8e cou-res les autres villes voisines, qui par crainte s’étoient auparavant ren-dues à Achée. La plupart se donnèrent à lui de bonne grâce, 8c re-gardèrent même comme un bienfait qu’il voulût bien les prendre íbuslà protection. Leu attendirent qu’on leur sit violence. Celles qui lereçurent de bon gré, furent Cumes, Smyrne, Phocée: vEgéeSeTem-nos craignirent qu’il ne vînt à elles, & firent comme les autres. LesTéièns & les Colòphoniens lui envoiérent aussi des Ambassadeurs, 8cíè rendirent à lui eux 8c leurs villes. 11 les reçut aux mêmes conditionsqu’auparavaùt, 8e prit des otages. 11 ne traita personne avec plus dedouceur que les Ambassadeurs des Smyrnéens, en reconnoiílànce dela fidélité qu’ils lui a voient gardée, Ensuite il continua d’avancer, &aiant paíìe le Lyque, il entra dans la Mysie; Carse épouvantée lui ou-vrit ses portes. Didyme ne tint pas non plus contre la crainte qu’eutla garnison d’être assiégée. Ce fut Thémistôcles qui lui livra ces deuxplaces. Il en avoir reçu le gouvernement d’Achée. De là il entra dansla plaine d'Apie, 8c y fit le dégât, passa le mont appellé Pelicanta,& campa fur le Mégiste. Pendant qu’il y étoit, arriva une éclipse deLuné, 8c les Gaulois qui depuis longtems se lassoient d’une route sipénible, parce que leurs femmes & leurs enfans les suivent à la guerredans des chars, prirent cette éclipse pour un augure qui ne leur per-mettoit pas d’àller plus loin. Attalus n’en tiroir aucun service ; maislèurs campemens séparez, leur désobéiíîance 8c leur orgueil ne laiíîërentpas de le jetter dans un très~grand embarras. D’un côté il craignoitque íè joignant à Achée, ils ne se jettaíîènt fur les terres de fa domina-tion $ 8c de l’autre il ne vouloir pas se perdre de réputation, en faisantégorger des soldats, qui par affection pour lui l’avoient suivi jusqu’enAsie. II se servit donc du prétexte qu’ils lui donnoient, 8c leur promitde les ramener où il les avoir pris, de leur donner un terrain commo-de pour s’y établir, & que toutes les fois dans la fuite qu’ils luideman-deroient des choses qn’il seroit juíte de leur accorder, ils le trouveroienttoujoitrs disposé à les obliger. II les fit conduire en effet à l’Hélesponf,fit beaucoup d’amitiez aux Lampascéniens , aux Alexandrins Sz aux I-îiens, qui lui avoient été fidèles, puis avec son armée il se retira à Per-game.
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