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Tome V.
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UVRE V. CHAP. XVII. 37 ,

ennemi, les armées furent bientôt en présence. Je ne fçai si L bonne contenance dePtolemee ne rendit pas Antiochus un peu chancelant dans ía première résolution»U avoir négligé la discipline de ses troupes, son mariage avoir été,comme ditPo-lybe, un tems de délices pour ses troupes, un quartier d’hiver passé dans les plaisirs &dans l’abondance de toutes choses, fans aucun soin des armes, est un peu trop deh moitié pour des Asiatiques , & lorsqu’on entre en campagne dans cet état un

Général peut se vanter de commander à beaucoup d'hommes & à très-peu de sol-dats. Je fuis persuadé qu’Antiochus sc souvint alors des délices de Séleucie, sinonlorfqu’il fut en présence de l’ennemi, du moins après la journée de ïLaphie, qui luifut si funeste.

Il campa, drt mon Auteur, à cinq stades de l’ennemi; les deux armées ne pou-voient être plus proche , & cependant elles surent plusieurs jours à s’entreregarder ; cequi est moins blâmable à Ptolémée, qui étoit inférieur à son ennemi, qu’il ne l’est àAntiochus. II y eut pendant ce tems-là de légéres escarmouches, ce qui marquequ’on sc craint réciproquement ; mais cela fait croire aussi que le plus fort a moins decourage, & qu’il redoute le plus foible, & celui-ci craint beaucoup moins de prèsce qu’il redoutoit de loin. C’est aussi une bonne maxime, & l’expérience le faitassez voir, qu’il faut accoutumer les nouveaux soldats comme les vieux, ensuited’unelongue paix, à des petits combats & à des escarmouches, à courir le parti au com-mencement d’une guerre, & surtout pendant le Printems, à faire même quelquespetits sièges au plus fort de cette saison, ou à faire des courses pour établir des con-tributions. L’nabitude des petits combats & la présence de l’ennemi, lorsque les ar-mées font en campagne, les accoutument à moins craindre, & l’habitude des moin-dres dangers affermit le courage & les prépare à s’exposcr à de plus grands. Quelque-fois le délai de plusieurs jours, lorsqu'il neparoît pas qu’on refuse le combat, leurredonne la confiance qui leur manquoit, & augmente en même tems l’ardeur decombattre & les remplit d’espérance.

II est arrivé quelquefois que des Généraux, par un excès de prudence, ont perduune occasion qui se présentoit, quoiqu’ils eussent l’avantage du nombre ou du terrain;lorsqu’elle est une sois manquée, il est difficile de la retrouver, on est obligé de se re-tirer , & on perd même la confiance des troupes ; au lieu qu’en donnant tout en ar-rivant , on est comme assuré de remporter la victoire, lorsqu’on se trouve à la têted’une armée aguerrie & composée d’Officiers expérimentez. Antiochus ne se retirapas, mais par ses délais il guérit ses ennemis de la grande opinion qu’ils avoient deses forces & de la valeur de ses troupes, & aguerrit les nouveaux soldats de Ptolé-

mée par de fréquentes escarmouches qui se firent pendant ce tems-là, ce qui affermitleur courage & les prépara à de plus grands dangers, qui leur paroissoient beaucoupmoindres qu’ils ne l’auroient été, si Antiochus eût attaqué en arrivant & tout à lachaude.

Les deux armées aiant été quelques jours en présence, comme ditPolybe, les deuxRois se déterminèrent à donner bataille. Ce qui fait encore voir que la tête avoittourné à Antiochus, c’est que l’Egytien engagea l’affaire tout le premier, & s’ébran-la pour donner. Voici en peu de mots l'ordre fur lequel les deux armées combat-toient.

Ptolémée marcha à l’ennemi fur une seule ligne, la cavalerie (r) (z) fur lesailes & l’insanterie au centre, selon la coutume ordinaire, que je n’approuve pastrop, & surtout lorsque les ailes se trouvent en Pair & que leurs flancs sont àdécouvert ; outre que le bon sens veut, comme c’est le sentiment de Mon-técuculi, que l’on couvre Parme la plus foible par la plus forte,, & en ce tems-là

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