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Tome V.
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372 . histoire de polybe,

rinfanteríe par la profondeur de ses files avoir peu à craindre à ses flancs, outre l’avan-tage de ses armes toutes de longueur. Les troupes étrangères (4) (;), Grecs, Gau-lois, Thraces & autres rangez par nations, flanquoient la Phalange (6) , les éléphans(7) partagez aux ailes de la cavalerie. Voilà la distribution de chaque arme, & p or-dre fur lequel Ptolémée se présenta contre Antiochus.

Celui-ci étoit de beaucoup supérieur à son ennemi en troupes & en éléphans, maisnon pas autant que quelques Historiens le prétendent, & que mon Auteur le dit, cequi me fait beaucoup soupçonner qu’il y a faute au texte par la négligence des Copis-tes : car s’il étoit vrai, il auroit extraordinairement débordé ; ce qui ne paroît pas. Ledessein d’Antiochus étoit, à la vérité, de ne pas faire paraître toutes fes forces, pourempêcher l’ennemi de se précautionner à ses ailes; ce qui fut le sujet de sa tenaille oude son crochet à la gauche de son aile droite de cavalerie ; mais cela ne lui lervit rien,comme l'on verra. Qgoiqu’il en soit, Antiochus fe mit en bataille dans un ordresemblable à celui de son ennemi, fi l'on en excepte la droite de sa cavalerie, qui étoitdisposée d'une' maniéré assez singulière, & plus forte de la moitié que celle qui lui é-toit opposée. II mit d’abord deux mille chevaux (8) sur la même ligne opposez auxdeux mille de la gauche de Ptolémée, les deux mille furent disposez en forme de cro-chet (9).

L’aîle gauche de la cavalerie (10) étoit de deux mille chevaux. La Phalange (n)sormoit le centre, flanquée à ses ailes de l’infanterie étrangère (12) (15) partagéepar nations. Les éléphans (14) (15) couvroient les deux ailes de la cavalerie. An-tiochus en mit un plus grand nombre à son aile gauche, mais il fortifia beaucoup íàdroite : car outre les éléphans, il les fit soutenir encore par tout ce qu’il avoit d’ar-mez à la légère (i§).

La description des deux ordres de bataille n’est pas aisée à bien éclaircir aujourd’hui,on l’entendoit du tems de l'Historien. Je ne íçai si c’est un défaut dans la langueGréque, ou s’il faut attribuer cette obscurité à l’Auteur: elle est pourtant visible.II saut erre du métier pour le bien entendre, & pour placer certaines armes où el-les doivent être. Tout autre qui ne seroit pas du métier, Le qui auroit ignoré le pos-te des armez à la légère, les auroit placées fur la même ligne, ce qui eût été ri-dicule , ces sortes de troupes ne combattant que de loin ; & lorsque les deux arméess’abordoient, ils passoient derrière la ligne par des retraites pratiquées entre les corps,où l’on pouffoit certain nombre de files en avant ou en arriére pour leur donnerun écoulement. Ces remarques étoient importantes. II est de conséquence maintenantd’entrer dans quelque détail de cette fameuse journée ,& de l’accompagner de réflexionspour une plus grande instruction. C’est ce que nous allons faire.

§. II.

Action. Faute d'Antiochus. Exemples de pareilles fautes.

L E dessein d’Antiochus étoit d’agir puissammant à fa droite, & de vaincre parcet endroit. 11 crut qu’en portant le plus grand nombre de fa cavalerie àcette droite, avec fes éléphans soutenus de fes armez â la légére, il accablerait &doublerait 1a gauche de son ennemi, ou Ptolémée étoit en personne, seulement pour1 a montre, à k vérité; mais la présence d’un Roi, tout ridicule qu’étoit celui-ci,ne laisse pas de relever le courage & k hardiesse des troupes. A l’égard de la gau-che, elle égaloit en forces k droite des Egyptiens. Mais je ne comprens pas com-ment