4 oo HISTOIRE DE P O L Y B E,
Alexandre , qui avoir reçu de Philippe le Gouvernement de la Phocy-de, dressa par le ministère de Jason, son Lieutenant dans Phanote, unpiège aux Etoliens. Celui-ci envoia vers Agétas leur Préteur pour luipromettre qu’on lui livreroit, s’il vouloir, la citadelle de Phanote. On
fit
attendant trop, l’ennerni ne vienne tomber sornos derrières. Un oU deux exemples nous ins-truiront plu? q ue tous les préceptes du monde,outre que ce n 'est pas ici le lieu de nous éten-dre beaucoup fur cette matière. Je le tire desMémoires du Sieur du Villars, qui est un très-bon Livre. Je le copie tout entier,il en vaut lapeine, à cause des instructions qn’il renferme,outre que ces fortes d'entrepriíes peuvent noustomber tôt ou tard fous la main, & il est bond’être le moins neuf qu’il fe peut dans ies af-faires qui gifeut en surprises, qui font toujoursde grande importance.
,, En ce tems-là, n. Janvier iyyz. il y avoit« un Moine renié à Cairas portant les armes »„ dit VAuteur , lequel prit intelligence avec le„ Maréchal de Brtjsac , lui promettant de le met--, tre dans la ville par un trou qui étoit dans la„ muraille, bouclié de terre feulement, disant-, austì qu’il avoit moien de tirer à fà cordeile,, une vingtaine de íës amis fort déterminez .„ qui lui aideroient à couper la gorge aux len-,, tinelles proche dudit trou, pendant qu’il l’iroit„ ouvrir, pour introduire les nôtres dedans au„ jour qu’il seroit accordé. Ce galant fe servit„ de l’entremise de Montbazin, Capitaine desgar-,, des du Maréchal, & fort aimé de lui. Tant„ y a que ce diable de Moine défroqué fçut íis, bien prendre nos écus 8c manier Montbazin,„ que î’entrepriso fut résolue ; mais parce que le„ Maréchal étoit fort dur à croire en telles affai-„ tes fans preuve évidente : il fit dire au Moine„ qu’il ne s’en pouvoit résoudre à son conten--, tement, si auparavant il n’introduisoit dans la
place un des siens , qu’il dépêcheroît à point
,, nommé pour reconnoître la facilité ou im-•„ possibilité des choses. Le Moine monacalement,, couvert 8c déguisé, 8c qui jouoit au jeu dou-„ hie, dit au Maréchal qu’il en étoit content, 8c„ prit jour au dix de Mars , dont aiant donné„ avis au Gouverneur de Cairas, 8c que celui„ que l’ennemi devoit envoler arriveroit sor le„ minuit: il donna ordre que le trou fût un peu„ entr’ouvert pour malaisément y passer, toute-„ fois qu’il ne se trouvât aucun le long du de-„ dans de la muraille, faisant garde en sentinelle,, par l’eípace d’une heure. Le Capitaine las, Combe, qui commandoit au château de Som--, merrive, y fut envoie: il entra dedans, 8c enm sertit, n’aiant parmi les ténèbres de la nuit rien„ trouvé qu’à souhait : rapportant de la part du
Moine , q U ’il falloit nécessairement donner le„ feu à la piéce le 2.5. du mois 8c fur la minuit.
„ Soudain qu’il fut parti de Cairas, le Gou-
„ verneur fit diligemment relever toutes les tran-,, chées du dedans de la ville , à vingt pas de,, chacun côté du. trou, laissant une feule entrée„ fur les côtez , laquelle conduisoit au dedans„ deídites tranchées qu’il fît fort bien flanquer,„ 8c jetter de tous côtez force tramées 8c carbo-„ nades. Le jour accordé approchant, le Maré--, chai dépêcha Bonnivet avec mille hommes» choisis 8c quatre cens chevaux, lui comman-,, dant de faire un gros de deux cens chevaux af-„ listez de deux cens arquebusiers pour soutenir,, en toute sorte d’événement : de jetter le„ reste de la cavalerie fur les avenues, pour se„ garder de surprise: 8c de tenir prêts quatre cens,, hommes en deux troupes pour s’entrefoutenir„ l'une l’autre, 8c la première aussi, s’il advenoit„ qu’elle fût repoussée: 8c du reste en faire son„ gros pour le soutènement 8c conservation du,, total. Le signal qui devoit être donné au Moi-,, ne iur l’arrivée 8c réception des nôtres, étoit.. quatre fuiccs qui íêroient jettées en l’air 8c au„ loin , 8c qu’au même tems Chepy 8c Laval„ avec leurs troupes feroient reçus de lui , qui„ fe rendroit au trou, qu’il auroit plus élargi qu’il„ n’étoit lorsque la Combe y entra. Soudain que„ le Moine vit le signal, il so présente 8c faiten-„ trer Chepy 8c Laval avec 1 a moitié de leur trou-„ pe seulement, Montbazin s’étant réservé l'au-„ tre: disant que selon ce que ceux-ci trouve-„ roient qu’il s’avanceroit, on les recueilliroit.„ Cet acte fit entrer ce Moine en quelque crainte„ qu’il fût découvert, 8c par ainsi hâtant fà tra-„ bison, il dit à ces deux seigneurs : donnez par„ cette entrée, qui nous conduira au corps-de-„ garde, que nous déferons. Ces deux Capitai-„ nés, qui brûloient d’ardeur de bien faire, en-,, trent avec soixante de leurs, mais soudain qu’ils„ furent avancez à dix ou douze pas, ils décou-,, vrirent force mèches du côté de la tranchée,,, 8c aussi de celui d’une tour où étoit le corps-„ de-garde, 8c là-dessus fe tournant pour deman->, der au Moine ce que c’étoit, ils ne le virent„ plus. Lors fe voulant avancer, ils fe virent„ enveloppez de tous côtez parmi les flammes,,, 8c saluez de tant 8c tant d’arquebusides, que„ quelque valeur qu’ils fçuísent montrer , les,, Chefs demeurèrent pris, 8c te plupart des sol-;, dats tuez, hormis dix ou douze echapez de ce,, cruel hazard. Le falut dcs arquebuíàdes fitsou-„ dain avancer Montbazin, 8c de main en main„ Bonnivet pour secourir les autres 8c avec la va-,, leur surmonter la trahison; mais ils trouvèrent„ le trou déja à demi bouché, 8c soutenu d’une„ eseope'teriequi endommagea une partie des plus
„ cou-