HISTOIRE DE POLYBE,
qui arrive quelquefois aux armées de terre, s’empare de ses troupes.Quelques vaisseaux qui étoient à la queue aiant pris terre dans l’iílede Salon à l’entrée de la mer Ionienne, vinrent de nuit dire à Phi-lippe que quelques vaiíîeaux venant du détroit avoient abordé aveceux au même port, Sc leur avoient donné avis qu’ils avoient laìíse àRhége des vaiíîeaux Romains qui alloient à Apollonie pour porter dusecours à Scerdilaidas. Philippe crut que toute une flotte alloit fon-dre fur lui- La fraieur le saisit, il fit lever les ancres Sc reprendrela route par où il étoit venu. On marcha une nuit, Sc un jour, fansordre & fans s’arrêter , Sc à la seconde journée on aborda à Cé-phallénie,où le Roi fit courir le bruit qu’il n’étoit revenu que pourrégler quelques affaires dans le Péloponèse.
Sa crainte étoit très-mal fondée. 11 est vrai que Scerdilaidas aiantappris pendant l’hiver que Philippe faifoit construire quantité de vais-seaux, en attendant qu’il arrivât par mer, avoir dépêché vers les Ro-mains pour les en avertir Sc pour demander du secours, Sc que les Ro-mains lui avoient envoié dix vaiíîeaux de la flotte qui étoit à Lilybée,& qui étoient les mêmes qu’on avoit vus à Rhége. Mais si Philip-pe n’avoit pas pris inconsidérément la fuite , c’étoit là la plus belleoccasion du monde pour se rendre maître de l’Illyrîe. Les Romainsétoient alors si occupez d’Annibal & de la bataille de Cannes,qu’il luiauroit été facile de prendre les dix vaisseaux. Mais il se laiíïa épou-vanter, Sc se retira honteusement en Macédoine.
Vers ce même tems Prusias (b~) fit un exploit mémorable. LesGaulois qu’Attalus avoit tirez d’Europe pour faire la guerre à Achéefur la réputation qu’ils avoient de braves & de vaillans soldats, cesGaulois,dis-je, aiant quitté ce Roi pour les raisons que nous avonsrapportées, Sc aiant fait des ravages horribles dans les villes de l’Hé-leípont, Sc assiégé les Liens, les Alexandrins dans la Troade les dé-firent
-> son jette à travers la porte, pour les arrêter au„ moins par l’horreur de passer sor le corps de„ son Général. Cependant les Tribuns 8t les„ Centurions font voir que c’est une fausse alar-„ me, 8c le soldat rentre dans son devoir.
Les doubles terreurs paniques ne font pasmoins communes dans l’Histoire. Nous nouscontenterons d'un exemple que je tire de l'Hif-toire mêlée de Procope chap. 17. „ Les Lom-„ bards &. les Gerpides avoient fait la paix, dit-» il (a); mais comme ils ne pou voient terminer« leurs différens par la voie de la douceur, ils-- eurent recours à celle des armes. Ils levèrent„ donc deux armées fort nombreuses > dont l’une,„ qui étoit celle des Gerpides, étoit commandée„ par Choríiîn, 8c l’autre par Audouin. Comme» elles étoient proches, fans toutefois être en
(a) Préstd. Cous n, Hìst. de Constant.
„ présence , elles furent agitées d’une terreur pa-„ nique qui les dissipa. 11 n’y eut que les deux„ Commandans qui demeurèrent fermes, & qui» firent de grands efforts pour retenir leurs gens.>, Audouin étonné d’une consternation si soudaine„ de son armée, 8c ne fçachant pas encore que>, le même malheur étoit arrivé aux ennemis ,„ envoia leur demander la paix. Les Envoiez. etant,, venus trouver Chorisin, 8c aiant vû que lemê-„ me accident lui étoit arrivé, lui demandèrent,, où étoient ses troupes : elles ont pris la fuite,„ répondit-il, fans que personne les poursuive."Tite-Live nous fournit un allez, bon nombre deces exemples ; mais il y en a au-delà de ce qu’ilen faut pour une note.
(b) Vers ce même tems Prustas fit un exploit mé-morables] Je crois que les peuples de l’Aíìe , lesGrecs 8c Ies Romains , aimoient aussi peu lesGaulois les uns que les autres 5 mais les derniers
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