LIVRE V. CHAP. XXL 4Ï J
firent courageusement. Thémistas à la tête de quatre mille hommesleur fit lever le siège d’Ilium ) leur coupa les vivres , renversa tousleurs projets, Sc les chaíîà enfin de toute la Troade. Les Gaulois íèjettérent dans Ariíbe, ville de l’Abydéne, Sc se disposèrent à entrerde force dans les villes du pais -, Prusias vint à eux , leur donna ba-taille. Tout ce qu’il y avoit de soldats fut taillé en pièces, les en-fans Sc les femmes furent égorgez dans le camp, & les équipages fu-rent
les haïssoient encore plus. II y paroît assez par plus efficace que la force: Annibal la lui suggéra,íeurs Auteurs , Ôc particulièrement Tite-Live, Je ne íçaí lì on s*en moqueroit en ce tems-cîjqui ne perd aucune occasion de mal parler d’eux : mais je la trouve très-bonnc 8c d’un tour nou-il avoit sûrement pris a Rome cette mauvaise veau. II fit remplir des pots de terre de touteshumeur contre la nation. II ne laiffoit pas que sortes de íèrpens,avec ordre d’approcher les vail-d’en tirer son origine, puisqu il doit de .Mantoue, seaux ennemis 8c d’y jette? bon nombre de ces8c tout ce pais le long du Pô etoit composé de pots. Dans un moment tous ces vaisseaux lenations Gauloises, qui en avoient chassé les an- trouvèrent remplis de ces ierpens, dont la vûeciens habitans pour se mettre en leur place. A n’est pas fort agréable j 8c comme les équipagesce que je vois les Gaulois passaient de tems en ne s’attendoient pas de recevoir de tels hôtestems en Asie pour se décharger de leur jeunesse, dans leurs bords, ils furent saisis 8c fort conster-Nous n’en avons pas de reste aujourd’hui. Est-ce nez. Le vaisseau d’Eumenés faillit à être pris ,que la nature auroit dégénéré ? Nullement: d’où c’e'toit à celui-là qu’on en vouloít principalement,vient donc cette disette d’hommes 8c ce dépeu- On peut bien juger qu’il fut servi de ces pots enplement général en Europe ? En Asie on en trou- abondance. Je connois trois autres stratagèmesveroît la raison z mais ce n’est pas iei le lieu, je de pots dans l’Histoire,8t un dans l’Ecriture. jeíòrtirois de mon íujet. Il nc sagic ícî y/n, v jì p., us bon coup de Pruíïas , 8c ouc
faction de Prusias, qui eut raison des Gaulois,8c bien des Généraux ont fait avant ou après sol.qui donna par leur défaite 8c pour l’avenir, dit Ce Prince aiant remporté une grande victoiremon Auteur , un bel exemple aux Barbares qui fur Attalus, entra dans Pergame, ville célébré,sont en Europe, de prendre garde à ce qu’ils íé- où il y avoit une Bibliothèque qui ne le cédoitront lorsqu’ils voudront passer en Asie. à aucune autre du monde , puisqu’il y avoit deux
C’est en vérité un grand dommage 8c un íùjet cens mille volumes , au rapport de Plutarque.de douleur pour les Sçavans, qui te plaisent à la Ajoutez à cela un Temple superbe 8c très-riche,lecture des Historiens les plus célébrés de l’anti- où étoit la statue d’Esculape faite par Phyloma-quité, tel qu’étoit Polybe, qu’il ne nous reste prés- chus, fameux Sculpteur. Prusias pour fa bien-que plus rien de son Histoire. Ce qu’il nous eût venue fut adorer le Dieu de la Médecine,le par-appris de 1a vie de Prusias Roi de Bythinie,nous fuma avec profusion, 8c le reput de l’odeur d’uneeût fait un très-grand plaisir. On trouve par-ci foule de victimes : qui ne l’eût pris pour un dévotpar-ià dans différens Historiens diverses actions de de ce Dieu ? Et certes il fit voir qu’il ì’aimoitíà vie. On volt assez que c’étoit un grand Capi- beaucoup: car à peine fut-il sorti de son Templeraine, 8c qu’il sçavoit suivre les conseils de ceux pour retourner à son camp,qu’il rentra le lende-qui pensaient un peu mieux que soi : marque evi- main de cette fête dans la ville bien accompagné,dente que c’étoit un homme du premier mérite, 8c en fit piller tous les Temples & enlever tous8c le même auprès duquel Annibal se retira après les simulacres des Dieux, hors ceux de bois, quiêtre sorti de la Cour d’Antìochus,pour se íàuver n’étoient bons qu’à brûler; au lieu que les autresdes persécutions des Romains. Ce grand Capi- étoient bons à fondre pour en faire de la mon-taine,quis’étoit d’abord retiré dans l’Hle de Cré- noie. Quant à Esculape, il chargea lui-même lurte, sçachant que Prusias étoit un Prince fort am- ses épaules û statue qu’il avoit invoquée 8c en-bitieux 8c fort remuant,lui inspira le dessein har- censée le jour d'auparavant. 11 falloit qu’elle fûtdi de faire la guerre aux Romains, de rompre petite 8c enrichie de pierreries: car si elle n’eûtavec eux, 8c en même tems avec Eumenés. Les été que d’or ou d’argent, cette charge tfeût pasfuites de cette rupture ne furent pas heureuses, il été digne de ses épaules. Polybe se fâche fortfut d’abord battu par terre. II ne se rebuta pas, . sérieusement, 8c parle durement de faction de ceil voulut tenter si la fortune ne lui seroit pas plus Prince : il dit qu’elle est d 'un furieux & d'im enra-favorabie fur mer. II avoit une bonne armée gé. Notez s’ii vous plaît ici que mon Auteur,navale. 11 donna une grande bataille, qu’il gagna qui s’éléve contre ceux qui pillent 8c profanentde la maniéré du monde la plus complette.il mit les Temples de ses Dieux.se moque de ces Dieuxla ruse en usage, 8c la trouva plus puissante Lc lui-même en quelques endroits de son Histoire.
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